● Courrier International 📅 24/03/2026 à 11:37

Le déséquilibre énergétique de la Terre atteint un niveau record

Géopolitique
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Climat : Gaz à effet de serre et déséquilibre des flux d’énergie Courrier international, GIEC, OMM “La Terre est en déséquilibre”, alerte The New York Times. Le quotidien américain se fait l’écho de l’un des principaux messages du rapport sur l’état du climat mondial en 2025 de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), lequel a été rendu public ce 23 mars. Comme dans ses précédents rapports, cette institution spécialisée des Nations unies présente une série d’indicateurs, par exemple la température moyenne près de la surface du globe, la chaleur des océans ou encore le bilan de masse des glaciers, qui permettent de se faire une idée des évolutions du système Terre, et donc de son climat. Pour la première fois, ce rapport intègre le déséquilibre énergétique de notre planète parmi les indicateurs climatiques cruciaux. À lire aussi : Climat. Le taux de réchauffement des océans a plus que quadruplé depuis 1985 Ce déséquilibre correspond à la différence entre l’énergie que le globe reçoit du Soleil et celle qu’il renvoie vers l’espace. Dans un système à l’équilibre, lorsque le climat est stable, la quantité d’énergie qui arrive de notre étoile est globalement équivalente à celle qui repart. Mais les gaz à effet de serre qui piègent la chaleur bouleversent l’équilibre de ce système. Une planète toujours plus chaude Selon les auteurs du rapport, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) dans l’atmosphère, mais aussi de protoxyde d’azote ont atteint leur niveau le plus élevé depuis au moins 800 000 ans. “L’énergie excédentaire que la Terre conserve est déplacée depuis l’océan vers l’atmosphère puis vers la Terre”, explique le New York Times, qui poursuit : “L’accroissement de la chaleur à l’intérieur du système climatique augmente la probabilité d’occurrence d’événements climatiques extrêmes, tels de puissantes tempêtes, des vagues de chaleur, des sécheresses et des pluies extrêmes.” “Le déséquilibre énergétique de la Terre s’est accentué depuis le début des relevés d’observation, en 1960, et en particulier au cours des vingt dernières années. Il a atteint un nouveau record en 2025”, précise le rapport. À lire aussi : Le chiffre du jour. Une étude démontre l’accélération vertigineuse des catastrophes climatiques au Brésil Conséquence de ce déséquilibre : une planète toujours plus chaude. “L’humanité vient de connaître les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées, a insisté António Guterres, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Quand l’histoire se répète 11 fois, ce n’est plus une coïncidence. C’est un appel à l’action.” Températures en 2025 par rapport à la moyenne de 1991-2020 Courrier international, OMM Malgré le phénomène naturel La Niña, qui entraîne généralement un refroidissement à grande échelle des températures de surface des océans dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, 2025 a été l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale. Les prévisions indiquent qu’il pourrait être remplacé, d’ici à la fin de l’année, par El Niño. Les océans continuent de se réchauffer “Si nous nous dirigeons encore vers un phénomène El Niño, nous allons connaître de nouveau une hausse des températures planétaires et, potentiellement, à des niveaux records”, a relevé, lors d’une conférence de presse, John Kennedy, principal auteur du rapport de l’OMM, dont les propos sont cités par The Guardian. En outre, font remarquer les auteurs du rapport, malgré les conditions “refroidissantes” de La Niña, environ 90 % de la surface océanique a connu au moins une vague de chaleur marine en 2025. Il faut dire que 91 % de l’excédent de chaleur est stocké dans l’océan, lequel joue par ailleurs un rôle crucial de tampon contre la hausse des températures sur les terres émergées. “Même si les émissions [de gaz à effet de serre] sont réduites, les océans devraient continuer à se réchauffer pendant des décennies, à cause de la chaleur déjà accumulée dans le système terrestre”, indique le journal scientifique indien Down to Earth. Parmi les autres enseignements du Rapport sur l’état du climat mondial, l’année dernière, certaines régions du monde comme l’Inde ont été particulièrement arrosées tandis que d’autres, comme la Corne de l’Afrique, ont souffert de sécheresses hors norme. Pluviométrie 2025 Courrier international, OMM Carole Lembezat Gaz à effet de serre Climat Sur le même sujet Planète. Les modèles climatiques ne peuvent pas tout expliquer, “il n’y a pas de boule de cristal magique” Climatiques. De la grande utilité des études d’attribution Climat. Un humain sur trois est désormais exposé à la chaleur extrême Climat. D’importantes fuites de méthane alimentent largement le réchauffement de la planète Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. 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