● Le Journal du Geek 📅 24/03/2026 à 10:33

L'Europe rationne l'essence : la France sera-t-elle la prochaine ?

Géopolitique 👤 Gregori Pujol
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© AI La Slovénie n’est pas un pays qu’on cite souvent en exemple, mais elle l’est pourtant devenue, malgré elle, dès ce dimanche 22 mars, le premier État européen à instaurer un rationnement officiel du carburant depuis la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran. Les particuliers ne peuvent désormais plus acheter plus de 50 litres par jour à la pompe. Les entreprises et usagers prioritaires, agriculteurs en tête, sont limités à 200 litres. Le Premier ministre Robert Golob a tenu à rassurer, les entrepôts sont pleins, il n’y aura pas de pénurie. Cela n’a pas empêché la mesure d’urgence. Quand la peur crée la pénurie qu’elle redoute Ce qui s’est passé en Slovénie illustre un mécanisme que les économistes connaissent bien et que les gouvernements n’anticipent jamais assez vite, même lorsque les stocks sont suffisants, la seule crainte d’une pénurie suffit à en créer une. Deux phénomènes se sont combinés : le stockage massif des particuliers, qui font le plein par précaution, et les conducteurs étrangers venus profiter de prix encore compétitifs côté slovène, vidant les cuves plus vite que les rotations de livraison ne peuvent les remplir. Du coup, des stations à sec, une décision gouvernementale prise en urgence un dimanche matin, et une communication de crise obligée. La cause immédiate est connue depuis plusieurs jours. L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Le baril de Brent est passé de 73 à 112 dollars en moins d’un mois, soit une hausse de plus de 50 % qui se répercute mécaniquement sur les prix à la pompe. Ce n’est pas une surprise car la dépendance de l’Europe à cette route maritime avait été documentée, analysée, signalée dans des dizaines de rapports depuis des années. Deux réponses européennes, deux philosophies Face à ce même choc, l’Europe improvise sans coordination visible. La Slovénie rationne. L’Espagne, elle, a choisi l’inverse puisque Madrid a divisé par deux la TVA sur les carburants, la faisant passer de 21 % à 10 %, dans le cadre d’un plan d’urgence en 80 points présenté par Pedro Sánchez. Certains automobilistes ont économisé jusqu’à 8 euros sur un plein, avec une réduction estimée à 20 centimes par litre. Des files se sont formées dès l’ouverture des stations, ce qui n’est pas exactement le signe que la panique est retombée. La Suède envisage de son côté une baisse de taxes à partir de mai, de l’ordre de 9 centimes par litre d’essence et 4 centimes pour le diesel. Son Premier ministre Ulf Kristersson a appelé l’ensemble des partis à reconnaître la pression économique exercée par le conflit. Le consensus parlementaire n’est pas encore acquis. Ces deux approches, le rationnement administratif et l’allègement fiscal, ne sont pas incompatibles. Elles traduisent des situations différentes, la Slovénie gère une rupture logistique locale aggravée par un effet de frontière, l’Espagne absorbe un choc de prix sur une économie plus large. Mais elles révèlent surtout l’absence de réponse européenne unifiée à un événement qui touche le continent entier. Ce n’est pas encore le cas des stations françaises La France n’a pas encore communiqué de mesure d’urgence spécifique sur le carburant. Les prix à la pompe ont augmenté, comme partout, mais aucun rationnement n’est à l’ordre du jour. La question est de savoir jusqu’où le baril peut monter avant que la situation change. À 112 dollars, on est encore loin des pics de 2008 ou de 2022. Mais la trajectoire, en moins d’un mois, est sans précédent récent. Mais l’impact ne s’arrête pas qu’aux carburants, c’est l’ensemble de l’industrie pétrochimique qui est affectée par la fermeture du détroit d’Ormuz : médicaments, vêtements, cosmétiques, une large gamme de biens de consommation pourraient voir leurs prix augmenter dans les mois à venir. Le litre de gazole n’est que la partie visible. La Slovénie a peut-être simplement été la première à regarder la réalité en face. Elle ne sera probablement pas la dernière. 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. 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