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☕️ Chez Arte, les revenus des traducteurs chutent à mesure que l’IA est adoptée

Intelligence Artificielle 👤 Mathilde Saliou
Illustration
Une erreur ? Début février, chez Arte, des représentants du collectif de traducteurs et traductrices qui travaillent aux sous-titres de la chaîne franco-allemande étaient venus sonner l’alerte : depuis le début de l’année 2025, leurs revenus étaient en forte baisse. Depuis plus d’une décennie, la chaîne recourt à leurs services pour adapter les magazines et documentaires vers l’anglais, l’espagnol, le polonais, l’italien et le roumain. Sur place, les responsables du programme multilingue de la chaîne ne s’en sont pas cachés, rapporte Mediapart : ils sont très satisfaits des résultats de leurs expérimentations de traduction automatisée, menées à partir de mai 2023 et généralisées un an plus tard. À terme, le recours à l’intelligence artificielle devrait devenir « inéluctable ». Illustration : Flock Concrètement, cela leur permet de réduire de moitié la facture actuelle versée au prestataire d’Arte Transperfect. Pour un traducteur humain, cette facture s’élève à 10 euros la minute, dont 4 à 5 euros sont finalement reçus par le ou la traductrice. Pour ces derniers, en revanche, cela réduit la qualité du travail tout en réduisant les revenus. Comme nous l’expliquait Margot Nguyen Béraud, membre du collectif En chair et en os, dans le dernier épisode d’Entre la chaise et le clavier, à l’ère de l’IA, le travail demandé aux professionnels de la traduction n’est plus de partir du texte initial pour l’adapter, mais d’une version « pré-mâchée » par le robot, qu’il s’agit ensuite de « post-éditer ». L’effet sur les revenus est direct : quand bien même les principaux concernés estiment que ces post-éditions ne leur font pas tellement gagner de temps, Transperfect ne paye plus la minute que 2 ou 2,5 euros lorsqu’un système d’IA (ici, Claude d’Anthropic) est mobilisé. Côté Arte, en revanche, l’économie permettrait de multiplier les traductions vers vingt-quatre langues à terme, et de mettre ces traductions à disposition en moins de 24 h pour les programmes d’actualité.Pour les représentants de plusieurs syndicats et collectifs de traducteurs et traductrices, l’affaire est malheureusement « banale », le symptôme d’une tendance qui conduit de plus en plus de professionnels à quitter le métier. Le public n’y gagne pas forcément, pointe la présidente de l’Association des traducteurs adaptateurs de l’audiovisuel (Ataa), avec des traductions médiocres dans lesquelles des marqueurs comme le tutoiement ou le vouvoiement sont mélangés, des mots intervertis, ou encore l’intégralité du texte retranscrite, alors que les experts du sous-titre tendent à proposer des élisions pour permettre au public de suivre. Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ? Non Oui Commentaires
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