● Le Monde International 📅 21/03/2026 à 17:00

Le Sahel, zone de guerres oubliée sur la carte mondiale des crises

Géopolitique
Illustration
Ukraine, Gaza, Iran. Dans le tumulte d’un monde où se multiplient les conflits, celui qui ronge le Sahel passe souvent inaperçu. Au cœur de l’Afrique, continent faisant rarement les grands titres des médias, cette région gangrenée par les groupes djihadistes s’enfonce pourtant dans un cycle de violence dévastateur. Pour la troisième année de suite, elle concentre près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde en 2025, indique le dernier Indice mondial du terrorisme, publié jeudi 19 mars par le groupe de réflexion Institute for Economics & Peace, basé en Australie. Selon les dernières estimations – probablement sous-estimées – de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data, 70 033 personnes (civils et militaires) ont été tuées au Mali, au Burkina Faso et au Niger depuis 2016. Parmi elles, 54 352 l’ont été durant les cinq dernières années. Soit depuis l’arrivée au pouvoir de juntes dans ces trois pays, par des putschs successifs, entre 2020 et 2023, qui forment aujourd’hui l’Alliance des Etats du Sahel. Leurs chefs – le colonel Assimi Goïta au Mali, le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso et le général Abdourahamane Tiani au Niger – ont instauré des dictatures militaires qui ne tolèrent aucune voix critique. Ils se sont autoproclamés présidents, sans élections, et n’ont nulle intention d’en organiser. Les partis politiques ont été dissous, la presse a été muselée, ne laissant à ceux qui pensent différemment que le choix entre le silence et l’exil. Seule la propagande officielle est tolérée. Les chefs d’Etat burkinabé, malien et nigérien, Ibrahim Traoré, Assimi Goïta et Abdourahamane Tiani, lors du deuxième sommet de l’Alliance des Etats du Sahel sur la sécurité et le développement, à Bamako, le 23 décembre 2025. AP Il vous reste 73.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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