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📅 21/03/2026 à 14:30
Galaxy S26, iPhone, Pixel, Xiaomi… Et si le vrai bon plan était le modèle de l’année précédente ?
Cybersécurité
👤 Julien Vercoutère
Galaxy S26, iPhone, Pixel, Xiaomi… Et si le vrai bon plan était le modèle de l’année précédente ?Billet d'humeur Par Julien Vercoutère (@lknjulien) Publié le 21/03/26 à 14h30 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 5 © DRIl fut un temps où un lancement de smartphone ou de tablette faisait l’événement. On assistait alors à une vision du futur qui se matérialisait sous nos yeux. Aujourd’hui, on vient avant tout vérifier si le futur a changé de coque, gagné 0,3 mm d'épaisseur ou appris un nouveau mot magique — généralement “IA” — prononcé avec le sérieux d’un médecin qui lit une radio.L'iPhone 17 Pro ou le visage de la hype.© Les NumériquesLe grand show du “plus fin, plus malin, plus endurant”Soyons honnêtes, Apple a au moins tenté de remettre un peu de relief dans sa gamme en 2025 avec les iPhone 17, l’iPhone Air, ainsi qu'un vrai coup de frais sur les modèles Pro. Samsung, pour sa part, a continué de pousser Galaxy AI entre les Galaxy S25 et S26, mais avec une proposition hardware moins excitante.De son côté, Google perfectionne aussi son IA avec les Pixel 10, après la refonte esthétique de leurs prédécesseurs, tandis que Xiaomi joue à fond la carte du photophone premium. Saluons cependant Nothing, qui essaie encore de rendre la tech un peu fun avec le Phone (3), puis les Phone (4a) et (4a) Pro, qui ont une vraie personnalité. Bref, le souci n’est pas l’absence d’effort, mais l’absence d’effet. On paie souvent très cher pour être parmi les premiers à utiliser une fonction qui, dans quelques mois, apparaîtra aussi sur un modèle encore très moderne, mais déjà beaucoup moins cherParce qu’au fond, que nous vend-on vraiment ? De meilleurs traitements photo, un peu plus d’autonomie, des fonctions intelligentes censées nous faire gagner du temps, et une fiche technique qui ferait rougir un PC portable de 2017. D’accord… Mais une amélioration n’est pas forcément un événement.Et c’est peut-être là que le malaise commence. Les lancements annuels continuent d’être mis en scène comme des révolutions, alors qu’ils relèvent souvent de la confortable rénovation vendue à prix d’or pendant que les modèles précédents tiennent tout autant la route pour moitié moins.Surtout, les grandes nouveautés mises en avant pendant les keynotes sont de moins en moins matérielles. L’époque où un nouveau smartphone imposait d’un coup une rupture technique évidente semble loin. Désormais, l’essentiel du discours passe par le logiciel : nouveaux outils photo, IA générative, assistants plus malins, aide à l’écriture, etc. Sauf que fatalement, ces features finissent tôt ou tard par débarquer sur les modèles antérieurs les plus récents. Pas toujours intégralement, pas toujours immédiatement, mais suffisamment pour relativiser la promesse d’exclusivité du nouveau millésime. En clair, on paie souvent très cher pour être parmi les premiers à utiliser une fonction qui, dans quelques mois, apparaîtra aussi sur un modèle encore très moderne, mais déjà beaucoup moins cher. à lire également :Vie du net : Smartphone / Téléphone portableSmartphones : pourquoi les prochaines sorties de 2026 risquent de coûter bien plus cher que prévuUne épidémie de hausse des prix est progressivement en train de bouleverser le marché de la téléphonie. Et cette fois, même les modèles l... il y a 10 jours Même quand c’est mieux, ce n’est plus forcément nouveauLe plus ironique, c’est que cette lassitude est presque un compliment. Les smartphones haut de gamme sont arrivés à un tel niveau de maturité qu’il devient très difficile de créer une rupture tous les 12 mois. Votre terminal de l’an dernier fait encore de très belles photos, tient facilement la journée, affiche tout parfaitement et exécute vos apps préférées sans ralentissements. Dans ces conditions, la keynote n’annonce plus une bascule. Elle organise surtout la justification marketing du nouveau millésime, un peu comme le Beaujolais nouveau chaque année.Et c’est là que la magie s’évapore. À force de vouloir épater la galerie, les marques finissent par transformer l’exception en habitude, et l’habitude en bruit de fond. On ne regarde plus un lancement pour découvrir l’avenir, mais pour repérer l’argument publicitaire qui dominera les pubs du trimestre : IA, zoom périscopique, finesse, titane, batterie silicium-carbone… Peu importe, il faut bien choisir la tendance de l’année.Certaines marques, comme Nothing, ont le mérite d'étonner chaque année.© Les NumériquesLe vrai problème, ce n’est pas le smartphone, c’est le calendrierPeut-être qu’il faudrait simplement accepter une idée très peu sexy pour un service marketing : un grand smartphone n’a plus besoin de naître dans une explosion de confettis chaque année. Un vrai saut tous les deux ou trois ans serait sans doute plus crédible, plus lisible, et finalement plus excitant. Moins de promesses surjouées, plus de vraies raisons de changer ! Plus que jamais, inutile de céder aux sirènes du marketing quand l’écart d’une année sur l’autre devient microscopiqueParce qu’aujourd’hui, le paradoxe est total. Les smartphones n’ont jamais été aussi excellents, alors que les keynotes n’ont jamais semblé aussi relatives. D’autant plus lorsque les produits subissent d’innombrables fuites, souvent orchestrées par les constructeurs eux-mêmes pour nourrir leur “com”.Alors plus que jamais, inutile de céder aux sirènes du marketing quand l’écart d’une année sur l’autre devient microscopique, que les prix continuent de grimper — à cause de la crise des composants, certes, mais pas seulement — et que le suivi logiciel s’allonge au point de prolonger sérieusement la vie des appareils. Un grand merci au passage à l’Union européenne, qui pousse l’industrie à assumer un peu plus durablement ce qu’elle vend.Dans ce contexte, le vrai réflexe malin n’est plus de foncer sur la dernière référence sortie de scène sous les spots. C’est souvent de regarder juste derrière, vers le modèle précédent, encore redoutablement performant, largement éprouvé, dont le prix peut parfois être divisé par trois sans que l’expérience, elle, ne s’effondre.À l’heure où le haut de gamme dure plus longtemps que le discours qui l’accompagne, le vrai luxe n’est peut-être plus d’acheter neuf tout de suite, mais d’acheter intelligent un peu plus tard. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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