● Courrier International 📅 21/03/2026 à 14:11

Comment tomber amoureux quand on est un “people pleaser”

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Être un “people pleaser”, c’est-à-dire vouloir faire plaisir à l’autre à tout prix, n’est pas forcément une bonne idée. Car se plier en quatre pour accéder aux désirs d’autrui, c’est flouer perpétuellement ses propres limites en faisant passer ses besoins en dernier, alerte la presse anglo-saxonne. DESSIN DE FALCO, CUBA Love, etc. Comment tomber amoureux quand on est un “people pleaser” 21 mars 2026 Ça peut paraître déroutant, mais être un people pleaser n’est pas la meilleure façon d’aimer ni d’être aimé. Au contraire : se plier en quatre pour accéder aux désirs d’autrui, c’est flouer perpétuellement ses propres limites en faisant passer ses besoins en tout (tout) dernier. Pourquoi agir ainsi ? Mais oui, pourquoi ? “Parce que vous êtes convaincu que les gens qui posent des limites ne sont pas dignes d’être aimés”, tranche Dazed. Aussi le magazine britannique pose-t-il la question : comment trouver l’amour quand on “a un besoin presque pathologique de plaire” ? “Toujours chercherl’approbation des autresne veut pas forcémentdire qu’on leur veutdu bien ou qu’onleur fait du bien.” Le magazine britannique Dazed PHOTO KRIVITSKIY/PEXELS Reprenons les bases (pour les béotiens du love). Au lieu de l’expression people pleaser, les psychologues “parlent de soumission, et pensent que ce genre de comportement est le résultat d’un événement traumatisant dans notre passé”, explique The Daily Telegraph dans un article consacré à la question publié en septembre 2025. “En psychologie,la soumission estun mécanisme de protection,comme l’agressivité,la fuite et la paralysie,face à un traumatisme(un incident perturbantou un environnementpréjudiciable) liégénéralement à l’enfance.” Le quotidien britannique The Daily Telegraph Comme l’explique la thérapeute Eve Menezes Cunningham au quotidien britannique, “c’est une réaction de survie. Consciemment ou inconsciemment, il y a cette peur : ‘Si je ne fais pas plaisir à cette personne, je vais me retrouver rejeté, blessé ou abandonné.’” PHOTO ESTELLE UMAES/PEXELS Le problème (enfin, l’un des problèmes), c’est qu’“avoir un besoin pathologique de plaire n’est pas idéal pour construire un couple”. “C’est fournir à l’autrede fausses informationstout en s’attendantà ce que l’autre découvrequi vous êtes vraiment.” Le magazine britannique Dazed PHOTO VAZHNIK/PEXELS Et puis, il y a quelque chose de pesant pour l’autre à sentir ses réactions scrutées en permanence. Dazed opte pour la métaphore : “C’est comme aider quelqu’un à résoudre un problème en lui passant des petits bouts de papier sur lesquels il serait écrit ‘Ça va ? Tu passes un bon moment ?’ au lieu de lui donner des indices.” “Au mieux,votre partenairegardera de vousun souvenir agréableun peu flou,mais il risque surtoutde chercher quelqu’unde plus sincère.” Le magazine britannique Dazed PHOTO KRIVITSKIY/PEXELS Vouloir plaire à tout le monde, c’est être exposé tout à la fois à l’incertitude (d’y parvenir), à la fatigue (de ne jamais dire non dans le but d’y parvenir) et au stress qui en découle. En 2013, à l’occasion de la parution du livre de Micki Fine Aime-moi comme je suis (éd. Eyrolles), le magazine américain The Cut consacrait un long article à la question. “Au bout du compte, même si je dis aux gens ce qu’ils veulent entendre, essayer de plaire à tout le monde ne marche pas très bien”, livrait la journaliste Allison P. Davis sur le site affilié au New York Magazine. “Je me sens tiraillée de tous côtés (engagée sur tous les fronts mais incapable de dire non) et j’ai souvent des envies de meurtre (parce que personne n’apprécie mes efforts) et c’est justement la tragédie des gens comme moi : je n’arrive jamais ni à être contente de moi ni à contenter les autres.” Alors que faire pour retrouver sa spontanéité ? PHOTO DAPO ABIDEEN/PEXELS Premièrement, pour rompre le schéma, Micki Fine recommande d’apprendre à reconnaître les pensées compulsives qui précèdent l’action. Par exemple, “quand je me demande si une personne m’apprécie, il faut forcément que la réponse soit positive sinon je me dis que cette personne me déteste. À ce moment-là, il faut faire une pause, prendre conscience de ce mécanisme, identifier mon besoin chronique de reconnaissance pour mieux en rire et se dire ‘ça y est, je recommence’, comme si c’était un truc marrant et non un cercle vicieux”, explique Allison P. Davis. La deuxième étape consiste à dire non. Et à essayer de suivre ses désirs sans se soucier du regard des autres. C’est difficile, ça implique une petite descente d’organes (émotionnelle), mais ça vaut le coup. PHOTO FLYPICTURE/PEXELS Parce qu’à la clé il y a la joie de vivre sans masque. Et la félicité d’être aimé pour soi, voire mieux, malgré soi, disait déjà Hugo.— Éloïse Duval À lire aussi : Société. Pourquoi certains d’entre nous ont-ils autant de mal à dire non ? À lire aussi : Love, etc. Les hobosexuels, “pire fléau de l’amour depuis le ghosting” À lire aussi : Love, etc. Notre estomac guide-t-il le choix de notre partenaire ?
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