● Presse-Citron 📅 21/03/2026 à 10:00

« Notre fusée se consume comme une bougie » : Alpha Impulsion, la pépite française qui veut court-circuiter SpaceX

Géopolitique 👤 Mathilde Rochefort
🏷️ Tags : russie rag rte
Illustration
© Alpha Impulsion 0 Le constat est sans appel. Entre 2020 et 2025, l’Europe a mutiplié les usines de satellites ultra-modernes, mais reste incapable de les envoyer elle-même en orbite : 88 % des nanosatellites européens ont été lancés par des fusées étrangères. Une dépendance qui coûte cher, d’autant que le leader du marché, SpaceX, commence à faire grimper ses tarifs, augmentant le prix de son emblématique Falcon 9 de 70 à 74 millions de dollars. Dans ce contexte, Alpha Impulsion, fondée à Toulouse en 2022, a décidé de « court-circuiter » le modèle actuel. Au lieu de copier la réutilisabilité chère à Elon Musk, la pépite du New Space tricolore propose de supprimer tout simplement ce qui pèse lourd et coûte cher : les réservoirs. © Alpha Impulsion Faire plus avec moins : le principe de la « fusée-bougie » Car, traditionnellement, une fusée est un empilement de réservoirs métalliques massifs qui, une fois vides, deviennent des « masses mortes », résume Marius Celette, PDG d’Alpha Impulsion, dans un entretien accordé à Presse-citron. Problème, « ces réservoirs sont lourds, et envoyer du poids mort en orbite n’est tout simplement pas envisageable », poursuit-il. La solution de la jeune pousse est d’une simplicité désarmante sur le papier : supprimer les réservoirs et utiliser le carburant sous forme solide pour constituer la structure même de la fusée. « Le fuselage de la fusée est constitué de carburant. Il s’agit d’un type de polymère, du polyéthylène, un plastique très courant qu’on retrouve dans la vie de tous les jours », explique le dirigeant. Il compare simplement cette technologie, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet dès la création de l’entreprise en 2022, à une bougie : « La fusée est rétrécie au cours du vol. Littéralement, elle s’auto-consume, s’auto-dévore ». Concrètement, elle brûle sa propre carrosserie pour qu’une fois arrivée en orbite, il ne reste que l’essentiel : le satellite, le moteur et la précieuse charge utile. Une approche qui permet de diviser la masse au décollage par deux. Mais surtout, cette disparition programmée de la structure règle l’un des plus grands fléaux de l’ère spatiale : la pollution orbitale et la prolifération de débris spatiaux. « Puisque nous n’avons pas d’étage à jeter, par définition, nous avons moins de débris », précise la firme. © Alpha Impulsion Diviser les coûts par six Au-delà de la prouesse technique, l’enjeu est avant tout économique. Sur un marché où SpaceX domine par le volume, Alpha Impulsion veut gagner par la sobriété. « Selon nos estimations, nous divisons les coûts de lancement par six par rapport aux fusées classiques », avance Marius Celette. Car, là où une fusée traditionnelle exige des systèmes de séparation d’étages critiques et coûteux, le lanceur autophage est d’une sobriété radicale. « Nous ne fabriquons que le moteur fusée et la partie haute avec la coiffe. Le reste, c’est du carburant », indique le dirigeant. Pour un opérateur de satellites, la promesse est une réduction de 40 % de la facture finale. Mais le prix ne fait pas tout. Aujourd’hui, les petits satellites sont contraints au « covoiturage » sur de gros lanceurs : ils doivent attendre que le bus soit plein et acceptent d’être déposés là où le chauffeur l’a décidé. Alpha Impulsion propose une approche de « taxi » : un service dédié, flexible, capable d’amener un client précisément là où il veut, quand il veut. © Alpha Impulsion Opal et Garnet En mai 2025, après trois ans de recherche avec le soutien du CNES, Alpha Impulsion a réussi l’allumage de son premier moteur à petite échelle, prouvant ainsi la viabilité du concept. C’est sur cette base solide que la startup déploie désormais sa stratégie commerciale à deux temps. Si un micro-lanceur baptisé Garnet est l’objectif à long terme avec une cible de 50 lancements par an d’ici à 2040, un autre pivot devrait permettre de générer de la valeur plus rapidement : Opal, un moteur autophage destiné directement aux satellites pour leur mobilité orbitale. « Le but, c’est d’arriver le plus vite possible avec des systèmes opérationnels sur des vrais clients privés », explique Marius Celette. Opal permet aux satellites une fois en orbite de se déplacer avec une efficacité inédite. Une stratégie qui paye déjà : la startup travaille avec l’entreprise britannique Meridian Space Command sur une mission lunaire. Passer de l’orbite terrestre à l’orbite lunaire demande énormément de carburant, un défi que l’autophagie relève en éliminant les réservoirs superflus. Ce premier succès commercial s’avérera crucial pour acquérir le précieux « Flight Heritage » (l’expérience de vol). Avec des bureaux à Toulouse pour la conception et une filiale en Italie dédiée à la combustion, Alpha Impulsion se dit totalement impliquée dans les enjeux de souveraineté européenne. L’étoile montante, qui vient de remporter un prix d’innovation de 950 000 euros de l’Union européenne (UE), est désormais en phase de recrutement massif. Propulsée par le prix de l’innovation de l’UE et forte d’un moteur déjà testé avec succès, la pépite toulousaine est désormais en phase de recrutement massif. Son objectif : faire de la propulsion autophage un standard plus propre, moins cher et résolument plus agile. Alpha Impulsion développe la propulsion « autophage », une technologie brevetée où la fusée consomme son propre fuselage en guise de carburant. Cette innovation, qui a prouvé sa viabilité lors d’un test en 2025, permet de supprimer les réservoirs vides pour diviser les coûts de lancement par six et éliminer les débris spatiaux. Portée par un prix européen de 950 000 euros, la startup toulousaine prépare désormais le moteur Opal, avant le déploiement de son micro-lanceur Garnet. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : EspaceFrancefuséesatellite Sur le même sujet Blue Origin, la société de Jeff Bezos, voudrait déployer près de 52 000 satellites pour soutenir les centres de données terrestres La Russie construisait sa base spatiale, puis son fournisseur d’électricité lui a coupé le courant Le patron de Leclerc promet une baisse de l’essence puis fait marche arrière : retour sur une belle bourde Municipales 2026 : pouvez-vous utiliser votre carte d’identité sur smartphone pour aller voter ? Les dernières actualités Erreur de prix ? Non, le Xiaomi 15 est bien à -57% et se vend par palettes entières 🔥 « Notre fusée se consume comme une bougie » : Alpha Impulsion, la pépite française qui veut court-circuiter SpaceX Poco F8 Ultra : ce haut de gamme “by Xiaomi” est une pépite, et son prix est génial (-41%) Le Xiaomi 15T Pro 512 Go vendu moins cher que le 256 Go, et moins cher que le 14T Pro J’ai utilisé le fauteuil gamer Razer Iskur V2 NewGen pendant un mois, mon dos lui dit merci Avec la fin du métaverse, Meta écoule des millions de Quest 3 à un prix dérisoire Un chercheur pense avoir résolu un mystère vieux de cinq siècles dans un dessin de Léonard de Vinci Apple annonce un nouveau record après le lancement du MacBook Neo (malgré la puce d’iPhone)
← Retour