● Presse-Citron 📅 21/03/2026 à 06:31

Un chercheur pense avoir résolu un mystère vieux de cinq siècles dans un dessin de Léonard de Vinci

Géopolitique 👤 Camille Coirault
Illustration
© Leonardo da Vinci / Wikipédia 7 Il y a des œuvres qui traversent les âges en conservant une part d’ombre que même les plus grands historiens de l’art ne parviennent pas à dissiper. La production de Léonard de Vinci fait figure d’exception parmi ses contemporains italiens : elle demeure une source intarissable d’interrogations et de controverses tant le maître excellait dans l’art de dissimuler ses intentions. La Joconde, par exemple, et son énigmatique sourire, mais aussi son arrière-plan ; La Dame à l’hermine et son potentiel message codé ; Salvator Mundi et son globe de cristal physiquement impossible ; ou encore La Vierge aux Rochers, qui semblait inverser les codes sacrés catholiques. L’Homme de Vitruve, l’un de ses dessins les plus célèbres, aurait été réalisé en respectant le Nombre d’Or (1,618), une interprétation qui domine, même si elle a été discutée, depuis près de cinq siècles. Ce ratio est censé incarner la perfection et l’harmonie idéales, et Léonard de Vinci l’aurait utilisé pour diviser le corps du personnage, notamment au niveau du nombril, afin d’atteindre une perfection esthétique universelle. Toutefois, si l’on mesure précisément le tracé original, les rapports obtenus ne tombent jamais sur 1,618. Or, en science comme en art, ce génie ne laissait rien au hasard ; si le ratio diverge, c’est qu’il a appliqué une autre règle géométrique. C’est en tout cas ce que suppose le chercheur Rory Mac Sweeney, qui a publié en juin 2025 une étude dans la revue Journal of Mathematics and the Arts consacrée à cette œuvre. Selon lui, cet écart dans les proportions pourrait correspondre à une structure géométrique tridimensionnelle dont les propriétés mathématiques n’ont été formalisées que plusieurs siècles plus tard. S'abonner à Presse-citron Le ratio tétraédrique : la véritable constante de l’Homme de Vitruve ? Pendant cinq siècles, l’Homme de Vitruve a été étudié comme une figure strictement plane. Cependant, Léonard de Vinci n’était pas qu’un peintre et portait de nombreuses casquettes : ingénieur, architecte, anatomiste, inventeur, philosophe ou encore écrivain. Pour un tel esprit, habitué à concevoir des machines et des édifices, le corps humain ne pouvait donc se limiter à deux dimensions. C’est sur cette intuition que repose la thèse de Rory Mac Sweeney : le secret du dessin ne résiderait pas dans le Nombre d’Or, mais dans le ratio tétraédrique (1,633). Pour comprendre ce qu’est un ratio tétraédrique, imaginez que vous essayez d’empiler quatre balles de tennis de la manière la plus serrée possible. Elles vont naturellement former une petite pyramide à base triangulaire : un tétraèdre. Le chiffre 1,633 est le rapport mathématique qui définit cette structure géométrique. Un ratio que l’on retrouve dans la nature, dès que la matière doit s’organiser de façon compacte. Dans un diamant, chaque atome de carbone est lié à quatre autres selon un angle de 109,5°, formant des tétraèdres parfaits. Les cristaux de silicium, base de toute l’informatique, suivent aussi cette organisation tétraédrique. Dans la molécule d’eau (H2O), les liaisons hydrogène s’organisent en tétraèdre (avec deux paires d’électrons libres). Beaucoup de virus (comme l’herpès) utilisent des formes géométriques symétriques proches du tétraèdre pour protéger leur ADN. Bref, le ratio tétraédrique apparaît très fréquemment lorsque la matière s’organise de manière stable. Une « règle de l’organisation parfaite » que Léonard de Vinci semble avoir transposée à l’anatomie humaine pour dessiner l’Homme de Vitruve, selon Rory Mac Sweeney. Pour soutenir sa thèse, il s’est penché sur les instructions manuscrites qui encadrent le dessin. Léonard de Vinci a, en effet, griffonné de nombreuses inscriptions, parmi lesquelles il est possible de lire : « Si vous écartez les jambes… et levez les mains au point que vos doigts tendus touchent la ligne du sommet de votre tête… l’espace entre vos jambes formera un triangle équilatéral ». Quel rapport avec le ratio tétraédrique, pourriez-vous vous demander ? Il se trouve qu’en calculant le rapport entre l’écartement des pieds (la base du triangle) et la hauteur du nombril, Mac Sweeney a obtenu une valeur comprise entre 1,64 et 1,65. Mathématiquement, cet écart est révélateur : on est bien plus proche du 1,633 (ratio tétraédrique) que du Nombre d’Or (1,618). Schéma illustrant la structure géométrique proposée pour expliquer les proportions du dessin. © Mac Sweeney / J. Math. Arts, 2025 « La solution à ce mystère géométrique se cachait à la vue de tous », explique Mac Sweeney. Pour lui, la présence de ce ratio dans l’Homme de Vitruve n’est donc pas une coïncidence artistique ; pour preuve, il fait un parallèle frappant avec le triangle de Bonwill (voir image ci-dessous). Décrit en 1864 par le dentiste William Bonwill, ce triangle équilatéral de 10 cm de côté relie les deux articulations de la mâchoire à la pointe des dents de devant. C’est ce schéma géométrique qui permet à notre mâchoire d’exercer une pression maximale avec un minimum d’effort. En clair, notre bouche serait construite, si l’on en croit la thèse de Mac Sweeney, selon la même logique d’efficacité que celle identifiée par Léonard : une structure en triangle qui optimise la force et l’espace. Illustration du triangle de Bonwill reliant les deux condyles de la mâchoire au point médian des incisives. © Mac Sweeney / J. Math. Arts, 2025 Si l’on accepte cette nouvelle grille de lecture proposée par Mac Sweeney, cela pourrait signifier que Léonard de Vinci, en dessinant l’Homme de Vitruve, aurait pressenti certains principes géométriques fondamentaux qui régissent la matière, sans disposer des outils scientifiques pour les démontrer. Cela ferait de cette œuvre une forme étonnamment précoce de réflexion sur la biomécanique, plaçant l’anatomie humaine dans le prolongement de ce que l’on trouve ailleurs dans la nature. En poussant plus loin cette hypothèse, peut-être considérait-il déjà que le corps humain ne constituait pas une exception divine ; une idée qui aurait alors frôlé l’hérésie pour l’Église. Sacré Léonard : un pied dans la Renaissance, l’autre dans le futur, sans même le savoir ! Un chercheur propose que l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci repose sur un ratio tétraédrique (1,633) plutôt que sur le Nombre d’Or (1,618). Cette thèse repose sur une analyse des proportions et des instructions manuscrites de Vinci, suggérant une approche tridimensionnelle de l’anatomie humaine. Si confirmée, cette interprétation pourrait révéler une compréhension précoce des principes géométriques régissant la matière et la biomécanique. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : À la uneArthistoireScience [ Source ] Sur le même sujet Réchauffement climatique : la montée des océans ralentit la rotation de la Terre Voici à quoi ressemblera la Terre dans 250 millions d’années, la France y occupera une place hautement stratégique Les cartes du monde mentent depuis 400 ans sur le Groenland : une illusion géographique tenace Hyundai présente un robot pompier qui peut affronter des flammes à 1 000 °C Les dernières actualités Un chercheur pense avoir résolu un mystère vieux de cinq siècles dans un dessin de Léonard de Vinci Apple annonce un nouveau record après le lancement du MacBook Neo (malgré la puce d’iPhone) Nintendo Switch 2 : bradée comme jamais, les stocks filent plus vite que le kart de Mario 🏎️ Blue Origin, la société de Jeff Bezos, voudrait déployer près de 52 000 satellites pour soutenir les centres de données terrestres Xiaomi Pad 7 : à ce prix, impossible de trouver mieux que cette tablette Android (-54%) Sony WH-1000XM6 : prix phénoménal sur le casque sans fil premium (-40%) 😱 Voici 3 films à voir absolument au ciné ce week-end Réchauffement climatique : la montée des océans ralentit la rotation de la Terre
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