● Le Monde International
📅 20/03/2026 à 23:44
Aux Etats-Unis, la justice bloque la politique du Pentagone restreignant l’accès des médias
Géopolitique
Le ministre de la défense américain, Pete Hegseth, quitte une conférence de presse au Pentagone à Arlington (Virginie), le 19 mars 2026. WIN MCNAMEE/GETTY IMAGES NORTH AMERICA VIA AFP Saisi par le New York Times en décembre, un juge fédéral américain a bloqué, vendredi 20 mars, la nouvelle politique du Pentagone limitant l’accès de la presse, estimant qu’elle « viole » plusieurs amendements à la Constitution américaine, notamment le premier, garantissant la liberté d’expression. Il ordonne au Pentagone de rendre immédiatement à sept journalistes du New York Times l’accréditation dont ils bénéficiaient avant la mise en œuvre de cette politique en octobre. Le ministère de la défense n’a pas réagi dans l’immédiat mais devrait faire appel de cette décision. Dans un document, presque unanimement rejeté en octobre par la presse américaine et internationale, dont l’Agence France-Presse (AFP), le ministère de la défense demandait aux journalistes accrédités de ne plus solliciter ni publier certaines informations sans autorisation explicite de sa part, au risque de perdre leur accréditation. De nouvelles mesures qui s’inscrivaient dans une offensive plus large, menée depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, restreignant l’accès des journalistes au Pentagone. Lire aussi le portrait | Article réservé à nos abonnés Pete Hegseth, incarnation de la guerre de Donald Trump en Iran Lire plus tard Nécessité de perspectives diverses « Ceux qui ont rédigé le premier amendement pensaient que la sécurité d’une nation exige une presse libre et un peuple informé et que cette sécurité était mise en péril en cas de répression par le gouvernement du discours politique », a écrit le juge dans sa décision. « Ce principe a préservé la sécurité de la nation pendant presque 250 ans. Il ne doit pas être abandonné maintenant », a-t-il ajouté. Lire aussi | Aux Etats-Unis, les médias menacés de perdre leur licence s’ils diffusent des informations jugées « déformées » sur la guerre au Moyen-Orient Lire plus tard « Le tribunal est conscient que la sécurité nationale doit être protégée, de même que la sécurité de nos troupes et les plans de guerre », a expliqué le magistrat. « Mais en particulier à la lumière de la récente incursion au Venezuela [en janvier] et de la guerre en cours en Iran, il est plus important que jamais que la population ait accès à une information de perspectives diverses pour savoir ce que son gouvernement est en train de faire », a-t-il souligné, « de sorte que la population puisse soutenir les politiques du gouvernement si elle le veut, manifester contre si elle veut manifester, et décider sur la base d’une information complète et ouverte pour qui elle votera à la prochaine élection » Dans les mois précédents, le ministère de la défense – rebaptisé « ministère de la guerre » par l’administration Trump – avait délogé de leurs bureaux dédiés au Pentagone huit médias, dont le New York Times, le Washington Post et CNN. Le ministère avait également restreint les déplacements des journalistes à l’intérieur du bâtiment du Pentagone, en leur imposant d’être escortés en dehors d’un nombre limité de zones. Le Monde avec AFP S’abonner
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