● Courrier International 📅 20/03/2026 à 17:43

Guerre au Moyen-Orient : ce qu’il faut retenir de la journée du vendredi 20 mars

Géopolitique
Illustration
Une pièce d’artillerie israélienne installée dans le nord de l’État hébreu tire en direction du sud du Liban, le 20 mars 2026. Photo JALAA MAREY/AFP • La bataille pour la réouverture du détroit d’Ormuz “La bataille pour la réouverture d’Ormuz est lancée”, annonçait, le premier, The Wall Street Journal dans la nuit. Selon des sources de l’armée américaine, des avions de chasse volant à basse altitude ont été déployés dans la zone pour “bombarder les navires de guerre iraniens”. Des hélicoptères Apache participent également aux opérations. Leur mission : abattre les drones Shahed. À lire aussi : Guerre en Iran. Les États-Unis ont lancé la “bataille pour la réouverture d’Ormuz” Selon le journal new-yorkais, “cette opération s’inscrit dans le cadre d’un plan du Pentagone en plusieurs étapes visant à réduire la menace des embarcations armées, des mines et des missiles de croisière iraniens”. Dans un deuxième temps, si cette menace est réduite, “les États-Unis pourraient envoyer des navires de guerre dans le détroit afin d’escorter les navires marchands”. Détroit d’Ormuz : le gisement de South Pars (ou North Dome) et les installations de Ras Laffan. SOURCE : GLOBAL ENERGY MONITOR Vendredi, Axios, disant s’appuyer sur quatre sources proches du dossier, a révélé que le président américain “envisage d’occuper ou de bloquer l’île iranienne de Kharg afin de faire pression sur l’Iran pour qu’il rouvre le détroit d’Ormuz”. Mais une telle opération, explique le média américain, ne pourrait être lancée que lorsque les capacités militaires iraniennes autour du détroit d’Ormuz auront été affaiblies. Ce qui, selon une source à la Maison-Blanche, pourrait prendre un mois. En attendant, sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a accusé vendredi les pays de l’Otan d’être des “lâches” en assurant que les États-Unis se “souviendraient” de leur refus de les aider à débloquer le détroit d’Ormuz, rapporte The Guardian. “Sans les États-Unis, l’Otan EST UN TIGRE DE PAPIER. Ils n’ont pas voulu se joindre à la bataille pour arrêter un Iran doté de l’arme nucléaire. Maintenant que le combat militaire est GAGNÉ, avec très peu de danger pour eux, ils se plaignent des prix du pétrole élevés qu’ils doivent payer mais ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d’Ormuz.” • Attaques sur les infrastructures énergétiques “Des drones ont frappé la plus grande raffinerie de pétrole du Koweït pour la deuxième journée d’affilée”, rapportait Al-Jazeera en milieu de matinée. Plusieurs incendies se sont déclarés à la raffinerie de Mina Al-Ahmadi, qui traite environ 730 000 barils de pétrole par jour, sans faire de victime. Ces attaques s’inscrivent dans le cadre de “la campagne iranienne de plus en plus intense contre les États arabes du Golfe, lancée en représailles à une frappe israélienne contre le gisement de gaz de South Pars, le plus grand d’Iran”, explique le média qatari. Les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Arabie saoudite ont également signalé vendredi avoir été visés par des drones ou missiles iraniens. À lire aussi : Guerre en Iran. Les frappes contre des sites énergétiques font entrer le conflit dans une “phase dangereuse” Par la voix de son porte-parole, l’armée iranienne a, par ailleurs, menacé vendredi de traquer les responsables américains et israéliens jusque sur leurs lieux de vacances. “À partir de maintenant, d’après les informations dont nous disposons, même les lieux de loisirs et touristiques à travers le monde ne seront plus sûrs pour vous”, a lancé Abolfazl Shekarchi. • Norouz sous les bombes Tandis que les Iraniens commençaient à fêter Norouz, leur Nouvel An, des explosions ont été signalées un peu partout à travers le pays, rapporte Iran International. L’armée israélienne a affirmé avoir “éliminé Ali-Mohammad Naïni”, porte-parole des Gardiens de la révolution. Il s’agit du dernier haut responsable iranien éliminé ces derniers jours. À lire aussi : Moyen-Orient. En Iran, la fête du Feu transformée en “symbole de résistance” au régime Norouz, qui signifie “nouveau jour”, “marque l’équinoxe de printemps, la renaissance de la nature et le début de la nouvelle année en Iran et dans d’autres pays”, explique la BBC Persian. Habituellement, à l’approche de cette fête célébrée depuis trois mille ans, tout le monde s’affaire avec enthousiasme. Mais pas cette année alors que le pays continue d’être bombardé. “La dernière fois que les Iraniens ont célébré Norouz en temps de guerre, c’était dans les années 1980, pendant le conflit de huit ans avec l’Irak”, rappelle le média britannique. À lire aussi : Guerre. Nétanyahou affirme que l’Iran est “décimé” et n’a plus de capacités nucléaires Jeudi soir, au cours de sa première conférence de presse depuis le début de la guerre en Iran, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré, cité par The Jerusalem Post : “Nous sommes en train de gagner, et l’Iran est en passe d’être décimé.” Il a assuré que le programme nucléaire de Téhéran était anéanti, tout comme son stock de missiles balistiques. “Nous continuons d’anéantir ces capacités. Nous les réduirons en poussière, en cendres.” • Israël continue de pilonner le Liban “Le Liban sur la voie d’une guerre prolongée ?” se demande L’Orient-Le Jour alors que “l’intensification des attaques israéliennes au Liban, jusqu’à Beyrouth, annonce le pire – voire un scénario catastrophique pour l’avenir du pays”. L’armée israélienne a dit, vendredi, avoir frappé plus de 2 000 cibles “terroristes” au Liban depuis le début de son opération contre le Hezbollah, rapporte le journal israélien Ha’Aretz. “Parmi les cibles visées figuraient 120 quartiers généraux du Hezbollah, plus de 100 dépôts d’armes et plus de 130 lance-missiles”, détaille le journal. Selon Tsahal, plus de 570 membres du Hezbollah ont été tués lors de ces attaques. À lire aussi : Reportage. Invasion israélienne, tensions communautaires : au Liban, la crainte d’une guerre totale Parallèlement, trois divisions poursuivent leurs opérations terrestres dans le sud du pays. L’Orient-Le Jour estime que la population a évacué près d’un quart du territoire libanais. Le pays compte désormais 1 million de déplacés. “Dans le même temps, les responsables israéliens évoquent de plus en plus ouvertement des préparatifs touchant les infrastructures libanaises. Tout cela se déroule dans un silence régional et international inquiétant, sans précédent – y compris lors de l’invasion de 1982”, déplore le journal francophone. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, était à Beyrouth jeudi, où il a dit que la France était prête à œuvrer à la désescalade. Ce matin, de Jérusalem, le chef de la diplomatie française a déclaré : “Il n’existe pas de sortie évidente à court terme de l’escalade régionale en cours, qui se déroule en partie depuis le 7 octobre 2023. Mais cela ne doit en aucun cas servir de prétexte à l’inaction.” • Un plan anticrise en Espagne “Un ensemble de 80 mesures, annoncé aujourd’hui par Pedro Sánchez, mobilisera 5 milliards d’euros pour freiner l’escalade des coûts liée au conflit au Moyen-Orient”, écrit El Mundo. “Les situations extraordinaires exigent des réponses extraordinaires”, a déclaré le Premier ministre socialiste après un conseil des ministres extraordinaire. À lire aussi : Diplomatie. La “solitude” de Pedro Sánchez dans une Europe “incapable” de critiquer la méthode Trump Parmi les mesures qui entreront en vigueur dès demain figure une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants, qui devrait notamment permettre une baisse des prix à la pompe allant jusqu’à 30 centimes d’euro par litre. “Soit jusqu’à 20 euros d’économies par plein pour un véhicule standard”, précise El Mundo. Le Premier ministre a également évoqué une baisse des taxes sur l’électricité de 60 % et une baisse de la TVA de 21 % à 10 %. • Bilans Selon le Croissant-Rouge iranien, cité par Al-Jazeera, au moins 1 444 personnes, dont 204 enfants, ont été tuées en Iran depuis le début de la guerre. Selon l’organisation américain Human Rights Activists in Iran, citée par la BBC, au total 3 114 personnes ont été tuées en Iran, dont 1 354 civils. Plus de 1 000 autres l’ont été au Liban. Et des articles pour approfondir votre compréhension du conflit en cours : “Fureur épique” : plus qu’un nom de guerre, l’“essence même” de la présidence Trump Volontairement offensif et viriliste, le nom choisi pour baptiser l’opération militaire américaine contre l’Iran ne doit rien au hasard, souligne The New York Times. Il résume à lui seul l’esprit de la présidence de Donald Trump, qui carbure à la colère. Et il pourrait bien se muer en “Ratage épique” au Moyen-Orient. À lire aussi : Géopolitique. “Fureur épique” : plus qu’un nom de guerre, “l’essence même” de la présidence Trump Dans l’île grecque de Karpathos, faudra-t-il choisir entre les missiles Patriot et les touristes ? L’île située dans le Dodécanèse héberge depuis le 4 mars des missiles de défense antiaérienne de l’armée grecque. Cette mesure divise les insulaires, partagés entre un “sentiment de sécurité” et des préoccupations quant à l’image de leur île, où les réservations touristiques se font plus rares, raconte I Kathimerini dans ce reportage. À lire aussi : Grèce. À Karpathos, faudra-t-il choisir entre les missiles Patriot et les touristes ? Comment l’IA a accéléré les frappes américaines en Iran Les quatre premiers jours du conflit, près de 2 000 cibles iraniennes ont été touchées par le Pentagone. Ce rythme effréné est l’effet le plus visible du recours inédit aux outils d’intelligence artificielle par l’armée américaine. Peut-on laisser les IA de Palantir ou d’Anthropic décider des cibles, au risque de se tromper, s’interroge le Financial Times ? À lire aussi : Moyen-Orient. Comment l’IA a accéléré les frappes américaines en Iran François Gerles Moyen-Orient Israël États-Unis Iran Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Pauvreté. La flotille pour Cuba se heurte au désespoir des Cubains Société. En Israël, avec les rares opposants à la guerre : “On nous prend pour des cinglés” Agriculture. Le succès des “smile ball” au Japon, les oignons qui ne font pas pleurer Love. etc. “Si quelqu’un vous dit que vous êtes un dépendant affectif, partez en courant” Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. Je reçois mon invitation → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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