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📅 20/03/2026 à 12:34
Des centaines de puces électroniques et plus de 2,5 milliards de dollars de contrebande: un dirigeant d'une grande entreprise américaine inculpé pour avoir exporté illégalement des puces Nvidia vers la Chine
Géopolitique
Un dirigeant d'entreprise américaine inculpé pour contrebande de puces Nvidia vers la Chine (illustration) - AFP/ BFM TechLe cofondateur de la société californienne Super Micro Computer a été inculpé pour exportation illégale vers la Chine. Selon le procureur de New York, le dirigeant américain aurait détourné des serveurs équipés de puces d’IA Nvidia, en violation des contrôles à l’exportation des États-Unis.Le cofondateur du fabricant américain de serveurs Super Micro Computer a été inculpé jeudi par un procureur de New York. Il est accusé d'avoir orchestré le détournement vers la Chine de serveurs intégrant des puces d'intelligence artificielle Nvidia en violation des contrôles américains à l'exportation.Yih-Shyan "Wally" Liaw, qui siège au conseil d'administration de Super Micro, et un courtier proche de lui, ont été arrêtés jeudi en Californie, tandis que le directeur général du bureau de l'entreprise à Taïwan est en fuite, selon le communiqué de presse d'un procureur fédéral de New York, Jay Clayton. Les trois hommes sont poursuivis pour "conspiration en vue de violer la loi américaine sur le contrôle des exportations", ainsi que pour contrebande et fraude contre les États-Unis.Super Micro, qui n'est pas mise en cause dans l'enquête, a vu son titre chuter de plus de 11% dans les échanges électroniques après-bourse. La société de San Jose, au coeur de la Silicon Valley, constitue un des fournisseurs clés de la construction des centres de données pour l'IA dans le monde. L'entreprise a annoncé, dans un communiqué, avoir mis ses deux collaborateurs en congé, assurant être "pleinement engagée à respecter l'ensemble des réglementations américaines en matière de contrôle des exportations".Au moins 2,5 milliards de dollars de contrebandeSelon l'acte d'accusation, les prévenus ont utilisé une société écran en Asie du Sud-Est pour acheminer vers des clients chinois des serveurs assemblés aux États-Unis et équipés de puces Nvidia B200 et H200, pour un montant total d'au moins 2,5 milliards de dollars depuis 2024.Ces exportations contrevenaient aux restrictions imposées par Washington, qui invoque un risque que ces technologies de calcul avancé soient utilisées à des fins militaires. Ces montages frauduleux "génèrent des milliards de dollars de profits illicites et constituent une menace directe pour la sécurité nationale américaine", a déclaré le procureur Jay Clayton.Selon l'acte d'accusation, M. Liaw écrivait, le 17 janvier 2025 à son intermédiaire: "Nous pouvons vous expédier vos 512 serveurs B200 d'ici février. Dépêchons-nous avant le 13 mai!", date d'entrée en vigueur d'un durcissement des restrictions américaines, décidées par l'administration du président Joe Biden et confirmées par son successeur Donald Trump.Des sociétés écrans en Asie du Sud-EstEn mars 2025, les autorités singaporiennes avaient révélé enquêter sur des serveurs Super Micro expédiés vers Singapour puis réacheminés vers la Malaisie, destination finale inconnue. L'accès des entreprises chinoises aux semi-conducteurs américains reste un enjeu stratégique de premier plan. Cette semaine, le patron de Nvidia, Jensen Huang, a annoncé la reprise de la production de puces H200 pour honorer des commandes chinoises, dans le cadre d'un accord négocié avec l'administration Trump.Selon plusieurs enquêtes, la contrebande de puces haut de gamme vers la Chine n’est pas un phénomène nouveau. Malgré les restrictions visant à limiter l’accès de Pékin aux technologies les plus avancées, rien ne prouve que ces transferts aient enfreint la loi. Certains responsables américains estiment néanmoins que de telles opérations mériteraient un réexamen.Sur le même sujetTrois infographies pour comprendre le duel entre la Chine et les Etats-Unis autour des puces électroniques au coeur de la guerre de l'IAComment, dans le plus grand secret et depuis dix ans, la Chine mène son "projet Manhattan" des semi-conducteurs pour s’imposer dans la course mondiale aux puces électroniquesCe cas n’est pas isolé. Des revendeurs et sociétés chinoises contournent le contrôle des exportations américaines en acquérant les dernières puces IA de Nvidia, comme les Blackwell et H100, via des intermédiaires à Singapour, Taïwan, Malaisie ou Vietnam. Les serveurs équipés de ces puces sont ensuite revendus à des clients chinois par le biais de sociétés écran, donnant naissance à un marché parallèle où les transactions peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de dollars.Les plus lus"On peut s'engager pour sa ville et pour son pays": Édouard Philippe ne voit aucune "contradiction" à se présenter à la mairie et à l'Élysée"Les Israéliens sont tentés d’aller plus loin que Washington": entre Israël et les États-Unis, les premiers signes de "divergences" dans la guerre contre l'IranAccusée d'avoir abandonné son chien à Dubai, une influenceuse française dénonce un "cyberharcèlement diffamatoire" et annonce saisir la justice"Lyon se dirige vers une fin de saison catastrophique", Daniel Riolo s'inquiète pour l'OL après l'élimination en Ligue EuropaL'acteur américain Chuck Norris hospitalisé à Hawaï après un malaise
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