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📅 20/03/2026 à 11:22
Cyberattaques contre l'UE et ses États membres: l'Europe passe à l'offensive contre la Chine et sanctionne certaines de ses entreprises
Géopolitique
Cyberattaques contre l'UE et ses États membres: l'Europe passe à l'offensive contre la Chine et ses entreprises (illustration) - BFM TechLe Conseil de l’Union européenne a sanctionné plusieurs sociétés et individus, dont les entreprises chinoises Integrity Technology Group et Anxun Information Technology, pour des cyberattaques menées entre 2022 et 2023, dans le cadre d’une stratégie globale de durcissement du ton.L’Europe durcit le ton. Le Conseil de l’UE a adopté des mesures restrictives contre trois entités et deux individus accusés d’avoir mené des cyberattaques visant des États membres et des partenaires européens. Ces sanctions s’inscrivent dans une volonté plus large de renforcer la réponse européenne face aux offensives numériques et aux ingérences étrangères.Au cœur de cette décision figurent les entreprises chinoises Integrity Technology Group et Anxun Information Technology (alias i-Soon), soupçonnées de fournir des services de piratage pour le compte des autorités de Pékin.Dans un communiqué, le Conseil précise qu'il "a inscrit sur sa liste Integrity Technology Group, une société basée en Chine, qui a régulièrement fourni des produits permettant de compromettre et d'accéder à des appareils dans les États membres de l'UE, en Europe et dans le monde entier. Entre 2022 et 2023, grâce à leur soutien technique et matériel, plus de 65.000 appareils ont été piratés dans six États membres"."La décision d'aujourd'hui confirme la volonté de l'UE et de ses États membres d'apporter une réponse ferme et durable aux cyberattaques malveillantes persistantes qui ciblent l'UE, ses États membres et ses partenaires. L'UE et ses États membres continueront de coopérer avec leurs partenaires internationaux afin de promouvoir un cyberespace ouvert, libre, stable et sûr". Communiqué de presse du Conseil de l'UEIl ajoute également que Anxun Information Technology "a fourni des services de piratage informatique visant les infrastructures et fonctions critiques d'États membres et de pays tiers", tandis que ses deux cofondateurs ont été directement impliqués dans ces cyberattaques.Des sociétés liées à l'Etat chinoisLes personnes visées par les régimes de sanctions de l’UE font l’objet d’un gel de leurs avoirs, ainsi que d’une interdiction pour les citoyens et entreprises européennes de leur fournir des ressources financières. Elles sont également soumises à une interdiction de voyager dans l’Union. Au total, ces mesures s’appliquent désormais à 19 individus et 7 entités.Ce n’est pas la première fois que le nom d’i-Soon apparaît dans des affaires de cyberespionnage. Le 16 février 2024, une série de documents internes de cette entreprise chinoise a fuité sur GitHub, une plateforme de développement collaboratif, révélant son implication dans plusieurs opérations de piratage menées en lien avec les autorités de Pékin.Cette fuite a ravivé les inquiétudes à l’échelle internationale, mettant en lumière les liens étroits entre le gouvernement chinois et certaines entreprises privées du secteur numérique, et alimentant de nombreuses enquêtes médiatiques sur les stratégies de cyberguerre.Paul Charon, directeur du domaine "Renseignement, anticipation et stratégies d'influence" de l’IRSEM et co-auteur du livre "Les Opérations d’influence chinoise", expliquait à France Culture que l'entreprise "travaille surtout pour le ministère de la Sécurité d'État et le ministère de la Sécurité publique, donc pour les services de renseignement chinois, mais pas forcément pour les directions centrales".Sanctions renforcées"On a pu observer que les donneurs d'ordre sont surtout des bureaux provinciaux, voire locaux. Son fonctionnement est donc très décentralisé, ce qui correspond à ce que l'on sait déjà du fonctionnement des services chinois d'une manière générale. L'entreprise, a priori, emploie 72 personnes. Elle a été fondée par un ancien hacker assez célèbre, Wu Haibo, qui est l'un de ceux qu'on appelle les hackers rouges. C'est une entreprise de taille moyenne, mais très active”, ajoute le chercheur.Concernant Integrity Technology Group, entreprise chinoise de cybersécurité basée à Pékin, elle est sous sanctions internationales depuis 2025, renforcées par l’Union européenne en mars 2026. L’entreprise est accusée de soutenir des cyberattaques visant des infrastructures critiques en Europe et aux États-Unis.Outre-Atlantique, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC, Bureau du contrôle des avoirs étrangers), organisme du département du Trésor, a sanctionné Integrity Tech dès janvier 2025 pour son rôle dans les activités du groupe APT Flax Typhoon (Ethereal Panda), responsable de piratages de plus de 65.000 appareils.Sur le même sujetComment, dans le plus grand secret et depuis dix ans, la Chine mène son "projet Manhattan" des semi-conducteurs pour s’imposer dans la course mondiale aux puces électroniquesLes mesures comprennent le gel des avoirs et l’interdiction pour les sociétés américaines de traiter avec elle. De son côté, le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré mardi qu'il s'opposait à ces sanctions et a exhorté Bruxelles à "corriger son approche erronée".Les plus lus"On peut s'engager pour sa ville et pour son pays": Édouard Philippe ne voit aucune "contradiction" à se présenter à la mairie et à l'Élysée"Les Israéliens sont tentés d’aller plus loin que Washington": entre Israël et les États-Unis, les premiers signes de "divergences" dans la guerre contre l'IranAccusée d'avoir abandonné son chien à Dubai, une influenceuse française dénonce un "cyberharcèlement diffamatoire" et annonce saisir la justice"Lyon se dirige vers une fin de saison catastrophique", Daniel Riolo s'inquiète pour l'OL après l'élimination en Ligue EuropaL'acteur américain Chuck Norris hospitalisé à Hawaï après un malaise
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