● Courrier International 📅 20/03/2026 à 06:05

Nétanyahou affirme que l’Iran est “décimé” et n’a plus de capacités nucléaires

Géopolitique
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 19 mars 2026 (Photo par Ronen Zvulun / POOL / AFP). RONEN ZVULUN / AFP C’est un Benyamin Nétanyahou volontiers triomphant qui a donné jeudi sa première conférence de presse depuis le début de la guerre en Iran. Lors d’un long échange télévisé avec les médias, durant lequel il s’est exprimé en hébreu et en anglais, le Premier ministre israélien a balayé de nombreux sujets, s’efforçant de convaincre son auditoire que l’opération “Lion rugissant” était un succès éclatant. “Nous sommes en train de gagner, et l’Iran est en passe d’être décimé”, a-t-il affirmé, cité par The Jerusalem Post. Il a assuré que le programme nucléaire de Téhéran était anéanti, tout comme son stock de missiles balistiques. “Après 20 jours [de bombardements], je peux vous l’affirmer : l’Iran n’a aujourd’hui plus aucune capacité d’enrichissement d’uranium, ni de production de missiles balistiques”, a-t-il dit. “Nous continuons d’anéantir ces capacités. Nous les réduirons en poussière, en cendres.” L’Iran “est plus faible que jamais”, tandis qu’Israël affirme son statut de puissance régionale — “d’aucuns diraient, de puissance mondiale”, a-t-il claironné, selon The Times of Israel. Cependant, le dirigeant israélien “n’a fourni aucune preuve” de ses assertions “et n’a rien dit au sujet du stock d’uranium hautement enrichi qui avait été enseveli sous le site nucléaire d’Ispahan par les frappes américaines” de l’an dernier, nuance The New York Times. “Offensive terrestre” Pour El País, ces déclarations tonitruantes constitueraient surtout “un effort apparent pour ouvrir la voie à la fin de la guerre avec l’Iran sans renverser le régime des ayatollahs”. Car pour “provoquer l’effondrement du régime iranien”, une “offensive terrestre serait nécessaire”, a reconnu le dirigeant israélien. Si Israël et les États-Unis peuvent accomplir “beaucoup de choses par la voie des airs”, une “composante terrestre” serait impérative pour créer les conditions d’un changement de régime, a-t-il expliqué, sans aller jusqu’à détailler “à quoi ressemblerait une telle offensive terrestre”, observe Ha’Aretz. La position américaine sur le sujet semblait claire jeudi : “Trump a affirmé qu’il n’avait aucun projet visant à engager les États-Unis dans une telle opération”, rapporte The Guardian. “Je n’envoie pas de troupes, où que ce soit”, a-t-il déclaré à un journaliste, reconnaissant toutefois : “Si c’était le cas, je ne vous le dirais certainement pas”. Si l’on en croit un nouveau sondage Reuters/Ipsos, cité par le quotidien britannique, les Américains – désormais habitués aux volte-faces de leur président – sont aujourd’hui persuadés du contraire : quelque 65 % d’entre eux pensent que “Trump ordonnera l’envoi de troupes dans le cadre d’une guerre terrestre de grande envergure en Iran”. Et seuls 7 % soutiendraient une telle décision. “Nétanyahou chercherait à étendre le conflit” M. Nétanyahou est également revenu sur ses frappes de mercredi sur le site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha. Les frappes, qui ont exercé une pression supplémentaire sur un marché de l’énergie déjà fébrile, ont braqué Washington, qui a affirmé ne pas avoir été informé en amont. Israël a “agi seul”, a déclaré le Premier ministre, précisant qu’il n’y en aurait pas d’autres, à la demande expresse de Donald Trump. Du moins pour l’instant. Une source “au fait des tensions entre la Maison-Blanche et les États du Golfe” a en effet confié à Politico que “certains pays ont mis en garde l’administration Trump : Nétanyahou chercherait à étendre le conflit, car une telle démarche est politiquement populaire pour lui sur le plan intérieur”. “Nétanyahou se moque des résultats des républicains [américains] aux élections de mi-mandat, tout comme de l’héritage de Trump”, déclare cette source. “Je pense qu’une seule chose lui importe : se maintenir au pouvoir. Et pour lui, la guerre est un moyen populaire d’y parvenir”. 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