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📅 19/03/2026 à 17:04
L'IA pour écrire des jeux vidéo ? L'autrice de Clair Obscur explique pourquoi c'est une mauvaise idée
Géopolitique
👤 Matthieu Fabris
Lecture Zen Résumer l'article Jennifer Svedberg-Yen, scénariste de Clair Obscur : Expedition 33, rejette l'idée d'utiliser l'IA pour écrire des scénarios en raison de l'absence d'émotions humaines chez ces machines. Elle souligne l'importance du processus émotionnel et douloureux nécessaire pour écrire des histoires qui capturent véritablement les sentiments humains et explorent la complexité des personnages. Malgré les capacités de l'IA à générer des œuvres d'art et à poser les bases d'histoires, Svedberg-Yen craint que leur utilisation ne dilue l'essence personnelle et vécue de la narration humaine. Jennifer Svedberg-Yen, scénariste de Clair Obscur : Expedition 33, rejette l'idée d'utiliser l'IA pour écrire des scénarios en raison de l'absence d'émotions humaines chez ces machines. Elle souligne l'importance du processus émotionnel et douloureux nécessaire pour écrire des histoires qui capturent véritablement les sentiments humains et explorent la complexité des personnages. Malgré les capacités de l'IA à générer des œuvres d'art et à poser les bases d'histoires, Svedberg-Yen craint que leur utilisation ne dilue l'essence personnelle et vécue de la narration humaine. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Alors que l’IA est au cœur de toutes les discussions, notamment dans le milieu du jeu vidéo, la question des scénarios rédigés en partie par une intelligence artificielle, au même titre que certains assets, fait débat. Pour la scénariste de Clair Obscur : Expedition 33, la réponse est claire. Raconter une histoire est un métier. Un métier qu’une IA aurait bien du mal à reproduire, de par sa nature même d’intelligence artificielle et, par conséquent, son incapacité à ressentir ou s’émouvoir. Pourtant, nombreux sont celles et ceux qui s’attendent à voir, un jour, une machine capable d’écrire une histoire solide et de nous faire ressentir toute une palette d’émotions, tout en restant originale. Jennifer Svedberg-Yen ne fait pas partie de ces personnes. La scénariste principale de Clair Obscur: Expedition 33 est claire là-dessus : elle ne voit aucune utilité à utiliser l’IA pour écrire un scénario. Lors d’un entretien avec GamesRadar+ pendant la Game Developers Conference 2026, publié le 18 mars 2026, Jennifer Svedberg-Yen a avoué être fascinée par l’aspect technique des IA, qu’elle décrit comme des « régressions multiples avec de l’algèbre linéaire, des matrices et une grande quantité de données », mais est totalement désintéressée de son utilisation en tant qu’autrice. Lune dans Clair Obscur : Expedition 33. // Source : Sandfall Interactive « Écrire fait partie de la joie, mais c’est aussi une source de souffrance », explique la scénariste. « On dit qu’il existe deux types d’écrivains : ceux qui écrivent avec inspiration et passion, et qui y prennent plaisir ; et ceux qui écrivent malgré la douleur. Je crois que j’écris malgré la douleur. C’est un processus douloureux, mais essentiel pour moi en tant qu’écrivaine. » Le jeu de Sandfall Interactive est généralement salué pour son histoire profondément humaine, qui explore des thématiques vastes et, qu’on se le dise, peu joyeuses. Des histoires souvent difficiles à coucher sur le papier du premier coup, et qui mobilisent toute une gamme d’émotions durant le processus d’écriture, qu’une IA aurait bien du mal à reproduire. Émotions humaines avant tout « [Ce processus] me permet d’explorer les sentiments de mes personnages, d’imaginer ce qu’ils diraient, de ressentir ces émotions en moi, et ainsi de comprendre qui ils sont, de traduire cela dans leurs propres mots et de trouver la vérité de l’instant. Je ne sais pas comment faire cela avec l’IA. » Si une IA est capable de générer des artworks à la demande, ou encore de poser les bases d’une histoire à l’aide de quelques prompts bien choisis, qu’en est-il de l’aspect humain d’un récit ? Comme la musique ou la peinture, l’écriture est la somme du vécu de l’artiste, enrichie d’une dose de talent. Une IA pourrait-elle remplacer ce qu’elle n’a pas d’humain par des données piochées un peu partout et un bon algorithme ? Des êtres humains sont également derrière la motion capture de Clair Obscur : Expedition 33. // Source : Sandfall Interactive « Écrire, c’est exprimer ce que j’ai en tête. N’est-ce pas ? C’est exprimer, en tant qu’auteurs et autrices, notre point de vue, notre compréhension du monde, et transmettre une part de notre expérience personnelle, vécue, à travers ces personnages dans un scénario fantastique », explique Jennifer Svedberg-Yen. « Et j’ai le sentiment qu’on risque de perdre une partie de cette essence lorsque le récit passe par une sorte de boîte noire, où l’on ne peut pas forcément comprendre tous les mécanismes de l’IA. » Une chose est sûre : il est difficile d’imaginer que ChatGPT aurait pu écrire une histoire aussi puissante que celle de Clair Obscur: Expedition 33. Peut-être qu’un jour, les intelligences artificielles seront capables de délivrer des récits plus humains, suffisants, du moins, pour captiver leur audience le temps de quelques heures. Une perspective qui semble aujourd’hui encore lointaine, et finalement peu réjouissante. Clair Obscur: Expedition 33 Lire le test 39,90 € sur Leclerc 44,99 € sur Amazon Points forts La direction artistique vertigineuse Un sacré premier jeu Le casting, impeccable Points faibles Le concept est beaucoup trop punitif Le studio a voulu trop en mettre Trop dur en mode normal, presque trop simple en mode histoire Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google ! Crédit photo de la une : Sandfall Interactive Signaler une erreur dans le texte Ne plus voir cette pub Ne plus voir cette pub
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