● Le Monde International 📅 19/03/2026 à 14:26

Le bilan amer de Philippe Lazzarini, le chef de l’UNRWA, après six ans de mandat : « Sans soutien politique et financier ferme, on va vers une mort lente »

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Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, l’agence des Nations unies chargée des réfugiés à Gaza, à Genève, le 10 mars 2025. FABRICE COFFRINI/AFP Philippe Lazzarini a dirigé pendant six ans l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient. Son mandat, qui s’achève le 31 mars, a été bouleversé par une série de crises d’une intensité jamais vue dans l’histoire de l’agence : l’écrasement de la bande de Gaza par l’armée israélienne, à la suite du massacre du 7 octobre 2023 ; la campagne de déstabilisation de l’Etat hébreu, qui a accusé des employés de l’UNRWA d’avoir participé à cette opération, pour mieux délégitimer l’agence tout entière et en finir avec le statut des réfugiés palestiniens ; et le manque de financement, dû à l’éloignement de certains bailleurs. Malgré des audits soulignant son rôle « indispensable » et le limogeage de neuf employés ayant pu avoir participé à l’attaque du 7-Octobre, l’agence reste marquée par ces crises. Son avenir est incertain. Aucun successeur à Philippe Lazzarini n’a encore été nommé. Quels sentiments vous habitent au terme de votre mandat ? J’éprouve des sentiments mitigés. Nous avons fait tout ce que nous pouvions, sans avoir eu nécessairement l’impact voulu. Je suis amer de quitter mes fonctions après avoir dû [faute de financements] prendre la décision douloureuse de réduire de 20 % les services [santé, éducation…] et les salaires de tous nos employés [environ 30 000, dans les territoires palestiniens, en Syrie, au Liban et en Jordanie, dont 12 000 dans la bande de Gaza]. A Gaza, 390 d’entre eux ont été tués et bien d’autres ont été blessés, avec des séquelles à vie. Nos équipes ont tout perdu et, malgré tout, elles sont restées au service de la communauté. Et au lieu de les récompenser, je me trouve contraint de réduire leurs salaires. Il vous reste 74.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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