● Le Monde International 📅 19/03/2026 à 13:58

Russie : le ministère de la santé veut envoyer les femmes sans enfant chez le psychologue pour relancer la natalité

Géopolitique
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La baisse du taux de natalité en Russie est l’une des principales préoccupations de Vladimir Poutine depuis son arrivée au pouvoir, il y a vingt-cinq ans. Depuis le lancement, en février 2022, de l’offensive contre l’Ukraine, où des centaines de milliers de jeunes hommes ont été envoyés, le problème s’est aggravé. Pour faire face à la crise démographique dans le pays, le ministère de la santé russe recommande désormais aux médecins d’orienter leurs patientes qui ne veulent pas d’enfants vers « une consultation avec un psychologue dans l’objectif de former une attitude positive à l’égard de la maternité », selon le texte d’un document dont l’Agence France-Presse (AFP) a eu connaissance jeudi 19 mars. Ces recommandations ont été approuvées à la fin de février, mais n’ont été rendues publiques que cette semaine par des médias. Selon le document, les médecins doivent inviter les femmes âgées de 18 à 49 ans à des consultations médicales annuelles visant à « évaluer leur santé reproductive ». Ces recommandations prévoient également des consultations similaires pour les hommes du même âge, mais uniquement en vue d’évaluer leur état de santé physique, sans recourir aux psychologues. Sergueï Leonov, président de la commission de la Douma d’Etat sur la protection de la santé, a précisé auprès de l’agence de presse officielle TASS qu’« il appartient entièrement à une femme qui ne souhaite pas avoir d’enfants de décider si elle souhaite être orientée vers un psychologue ». La décision leur appartiendra, l’Etat se contentant de leur en offrir la possibilité. Rendre la parentalité « tendance » Le maître du Kremlin présente la diminution de la population russe comme une question de survie nationale, avertissant en 2024 que la Russie serait confrontée à « l’extinction » si elle n’augmentait pas son taux de natalité. Le 19 décembre 2025, lors de son émission « Bilan de l’année », le président russe a appelé à rendre la parentalité « tendance ». Le taux de natalité dans le pays est au plus bas depuis deux cents ans, à environ 1,4 enfant par femme, bien en deçà du seuil de 2,1 que les démographes jugent nécessaire pour stabiliser la population. Ces dernières années, Moscou a durci la législation sur l’avortement et adopté des lois rendant illégale la soi-disant « propagande child-free ». Les familles nombreuses sont glorifiées dans les médias et bénéficient d’une multitude d’avantages financiers et sociaux accordés par l’Etat. La Russie a mis en place, le 1er mars, un registre des données concernant les femmes enceintes : il contient des informations sur l’enregistrement des grossesses, les complications, le déroulement des grossesses et la détection éventuelle d’anomalies congénitales chez l’enfant. Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés « En Russie, l’impact démographique de la guerre en Ukraine s’ajoute au déclin structurel de la population depuis la chute de l’URSS » Lire plus tard Le Monde avec AFP S’abonner
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