● Le Monde International 📅 19/03/2026 à 12:00

En Allemagne, le bilan en demi-teinte de la réforme du frein à la dette

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Le pont de Rahmedetal, récemment reconstruit, sur l’autoroute allemande A45, fermée en raison de son état de délabrement, près de Lüdenscheid, en Allemagne, le 22 décembre 2025. THILO SCHMUELGEN/REUTERS Triste anniversaire pour la grande réforme constitutionnelle du chancelier conservateur Friedrich Merz. Adoptée le 18 mars 2025 au Bundestag, celle-ci devait permettre à la très orthodoxe Allemagne de recourir enfin à l’endettement pour financer son réarmement et pour investir dans ses infrastructures dégradées par des décennies de rigueur budgétaire. Las, exactement un an après l’approbation de cette réforme historique qui a ouvert la voie à plusieurs centaines de milliards d’euros de dépenses nouvelles, deux instituts économiques ont publié un bilan assassin de l’un de ses deux volets. Leur conclusion : une partie des fonds dégagés grâce au recours à l’endettement a été fléchée vers des dépenses de fonctionnement, plutôt que vers des investissements de long terme, comme autorisé par les députés. La grande réforme de 2025 comportait en effet deux volets : le recours à la dette pour les dépenses de défense, jusque-là très contraintes par un mécanisme constitutionnel introduit en 2009. Et la création d’un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur douze ans, également alimenté par emprunt. Ce fonds devait servir à la modernisation d’infrastructures sous-financées depuis des années, et dont l’état de décrépitude avait été rappelé par l’effondrement d’un pont à Dresde, en septembre 2024. Mais la publication conjointe d’études par deux instituts économiques de renom est venue raviver les critiques des tenants de la rigueur, qui doutent depuis toujours de la pertinence d’une telle réforme. Il vous reste 74.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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