● Courrier International
📅 19/03/2026 à 06:10
Les frappes contre des sites énergétiques font entrer le conflit dans une “phase dangereuse”
Géopolitique
Le site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) QatarEnergy à Ras Laffan au Qatar, le 2 mars 2026. Stringer / REUTERS “L’escalade des attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières du golfe Persique plonge la guerre [au Moyen-Orient] dans une nouvelle phase dangereuse, susceptible d’aggraver la crise mondiale de l’approvisionnement en énergie”, résume le Wall Street Journal. Téhéran a mené mercredi 18 mars des frappes de représailles contre des sites énergétiques au Qatar et en Arabie saoudite après qu’Israël a frappé un peu plus tôt “la pièce maîtresse de l’industrie énergétique iranienne”, le gigantesque champ gazier de South Pars, que l’Iran partage avec Doha, rapporte le quotidien américain. L’armée iranienne a attaqué le complexe gazier de Ras Laffan au Qatar, un site majeur de production de gaz naturel liquéfié (GNL) et tiré un barrage de missiles sur la capitale saoudienne, Riyad, dont des débris sont tombés à proximité d’une raffinerie. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région “ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales”. Une “escalade significative” Les frappes menées par les deux camps contre “ce que l’on appelle des installations de production de gaz en amont constituent une escalade significative de la guerre au Moyen-Orient, avec des conséquences potentiellement durables”, remarque le Guardian. C’est la première fois, dans ce conflit, que des installations directement liées à la production d’énergie fossile sont visées, et non plus seulement des sites plus largement associés à l’industrie pétrolière et gazière.” Le quotidien britannique rappelle que les États-Unis et Israël s’étaient jusque-là abstenus de cibler les installations de production énergétique iraniennes dans le Golfe, afin d’éviter des représailles de Téhéran contre les industries pétrolières et gazières des pays voisins. Selon le Wall Street Journal, l’attaque israélienne contre le champ gazier de South Pars “visait à tarir une source importante de revenus du Corps des Gardiens de la révolution islamique, l’organisation chargée de défendre le régime iranien contre les menaces internes et extérieures”. Voir aussi : Vidéo. Cartes sur table : Pourquoi le blocage du détroit d’Ormuz fait trembler l’économie mondiale Le risque d’une “pénurie mondiale de GNL” L’attaque au Qatar pourrait provoquer une “pénurie mondiale de gaz” qui pourrait durer, selon l’ampleur des dégâts, Ras Laffan étant normalement responsable d’environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en GNL, souligne le Financial Times. “Même lorsque la guerre prendra fin, l’impact sur l’approvisionnement pourrait durer des mois, voire des années, le temps que les réparations soient effectuées”, a déclaré Saul Kavonic, analyste énergétique chez MST Financial au quotidien britannique. Les marchés européens pourraient être particulièrement affectés et voir en conséquence une hausse des prix du GNL, note Babak Hafezi, professeur de commerce international à l’American University. “Depuis le début de la guerre en Ukraine et la destruction des gazoducs Nord Stream, les Allemands et l’Union européenne sont devenus des importateurs nets de GNL”, a-t-il expliqué à Al Jazeera. “Les pays les plus petits, aux économies plus fragiles du Sud global, seront les plus touchés, car la hausse des prix du GNL entraînera une destruction de la demande”, a-t-il ajouté. L’escalade de mercredi a de nouveau fait grimper le prix du pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars, rapporte la BBC. À lire aussi : Moyen-Orient. Les conséquences de la guerre en Iran sur l’économie mondiale en quatre questions Réagissant aux frappes iraniennes au Qatar, Donald Trump a promis mercredi soir de détruire le champ gazier de South Pars si Téhéran poursuivait ses attaques. Le locataire de la Maison-Blanche a confirmé qu’Israël était à l’origine de l’attaque contre le site iranien dans le Golfe persique mais il a affirmé que les États-Unis “ne savaient rien” de cette attaque. Le président Emmanuel Macron a, lui, proposé jeudi un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles, notamment énergétiques et hydrauliques, au Moyen-Orient. “Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l’escalade militaire”, a souligné le chef de l’État sur X qui a précisé avoir joint les dirigeants du Qatar et des États-Unis après les frappes de mercredi. Noémie Taylor-Rosner Moyen-Orient Énergie Gaz Pays du Golfe Israël États-Unis Réveil Économie Iran Amériques Sur le même sujet Guerre en Iran. MarineTraffic, la plateforme grecque qui montre au monde ce qui se passe à Ormuz Analyse. La planète secouée par un nouveau choc pétrolier : “C’est le coup de grâce” Vidéo. Cartes sur table : Pourquoi le blocage du détroit d’Ormuz fait trembler l’économie mondiale Récapitulatif. Guerre au Moyen-Orient : ce qu’il faut retenir de la journée du mercredi 18 mars Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. 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