● BFM Tech 📅 18/03/2026 à 17:39

À San Francisco, prendre un taxi autonome, c'est parfois courir le risque de devenir la victime collatérale d’une attaque antirobot

Cybersécurité
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En janvier, Doug Fulop et deux autres personnes se sont retrouvés coincés dans un robotaxi Waymo après qu'un homme s'est approché du véhicule et a commencé à donner des coups de poing aux fenêtres.Un trajet tranquille qui vire au cauchemar. Contrairement à ce qu'avancent Waymo et ses concurrents, réserver une course avec une voiture autonome n'est pas forcément plus sûr qu'un taxi classique. Au moins dans quelques cas extrêmes. En effet, depuis quelques années, les robotaxis sont devenus des cibles pour des citoyens mécontents de la ville américaine. Des habitants qui manifestent leur colère en les attaquant.Certains couvrent les capteurs pour immobiliser la voiture, d'autres tente de fracturer les vitres, ou de forcer les portières. Le plus effrayant dans tout cela est que les robotaxis de la filiale d'Alphabet, maison mère de Google, empêchent généralement les passagers de sortir et, bien entendu, même de prendre le contrôle du volant.Habitant à San Francisco, Doug Fulop en a fait l'expérience en janvier, relate le New York Times. Alors que le véhicule autonome le conduisait, ainsi que deux autres passagers en pleine nuit, sa course a été interrompue par un homme qui a traversé la rue et a fait demi-tour avant de se mettre à hurler sur le véhicule. Il a également donné des coups de poing aux fenêtres, criant qu'il voulait tuer les trois passagers du robotaxi."C'était angoissant d'être coincé à l'intérieur d'une Waymo pendant l'attaque. S'il avait continué à frapper sur une seule vitre au lieu d'alterner, je suis sûr qu'il l'aurait brisée", s'est-il remémoré.Un "cas rare"En effet, là où un chauffeur de taxi aurait simplement pris la fuite, le robotaxi est resté sur place, car les voitures autonomes de Waymo sont conçues pour s'immobiliser lorsqu'une personne est à proximité. "On se sentait impuissants", a confié Doug Fulop, précisant que l'agresseur ne semblait pas être sous l'emprise de drogues ni souffrir d'autres troubles.Selon lui, il n'était pas prudent de sortir du véhicule et de s'enfuir car l'individu semblait pris d'une rage extrême, essayant d'ouvrir les portes alors verrouillées en plus des menaces de mort.Coincés dans le robotaxi, Doug Fulop et les autres passagers ont décidé d'appeler le service d'assistance de Waymo. Mauvaise nouvelle pour eux: la personne au bout du fil leur a dit qu'elle ne prendrait pas le contrôle de la voiture pour l'éloigner tant que l'attaquant était à proximité. Elle a également certifié que les passagers étaient en sécurité à l'intérieur tant que les portes étaient verrouillées.Les passagers ont aussi appelé le 911, mais les policiers sont arrivés peu après l'agression, qui a duré environ six minutes et au cours duquel des passants ont commencé à encourager l'individu cognant sur les fenêtres du robotaxi. Ces encouragements ont au moins eu pour effet de distraire l'agresseur, qui s'est suffisamment éloigné pour que le véhicule reparte.Une porte-parole de Waymo a en outre affirmé que l'équipe d'assistance de la société était restée au téléphone avec les passagers tout au long de l'incident, soulignant qu'il s'agissait d'un "cas rare"."Nous sommes convaincus que notre technologie peut améliorer considérablement la sécurité routière, offrir des trajets plus sûrs et donner plus d'autonomie aux gens en leur proposant une option de transport plus accessible", a-t-elle ajouté.Une expérience plus sûre?Ce n'est pourtant pas la première fois qu'un ou des passagers se retrouvent bloqués dans un robotaxi Waymo à cause d'une attaque. Il y a quelques jours à peine, le futurologue Anders Sorman-Nilsson a raconté comment cinq personnes ont encerclé la voiture dans laquelle il se trouvait, frappant sur les fenêtres et lui demandant d'ouvrir les portes afin de la voler.Malgré cela, il assure s'être senti en sécurité grâce aux portes qui étaient verrouillées et l'incident qui a été enregistré par le véhicule. Plus loin encore, fin septembre 2024, une femme coincée dans un robotaxi de la filiale d'Alphabet a filmé deux hommes qui la harcelaient, se tenant devant la voiture.Malgré cet incident, elle considère que les robotaxis sont plus sûrs que les chauffeurs humains, qui peuvent conduire tout en regardant des vidéos ou la mettre mal à l'aise. Doug Fulop n'a, lui, pas eu le même ressenti, préférant que Waymo change sa politique face à un incident de ce type. Incident après lequel il lui a d'ailleurs fallu du temps avant de réserver à nouveau une course avec un robotaxi.Les plus lus"Ça ne me fait pas rigoler", "je le vis bien, je suis habitué": le surprenant duel Hittler-Zielenski aux municipales raconté par les candidats"C’est aux Niçois de trancher dans les urnes": Bruno Retailleau refuse d'apporter son soutien à Christian Estrosi pour le second tour des municipales face à Éric Ciotti"Les Américains sont tout seuls": pourquoi personne n'a répondu à l'appel à l'aide de Donald Trump dans le détroit d'OrmuzDes expatriés ont quitté Dubaï à cause de la guerre mais maintenant ils ont peur de payer des impôts: les Émirats arabes unis assouplissent les règles de résidence fiscale"Ce n’est pas le 1er avril", "la blague du siècle"… la presse internationale abasourdie par la CAN attribuée au Maroc sur tapis vert
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