● Le Monde International 📅 18/03/2026 à 16:50

En Arménie, la paix avec l’Azerbaïdjan à marche forcée : « On ne peut pas rester des ennemis pour toujours »

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ERIC GRIGORIAN POUR « LE MONDE » En Arménie, la paix avec l’Azerbaïdjan à marche forcée : « On ne peut pas rester des ennemis pour toujours » Par Faustine Vincent (Meghri, Erevan, Agarak [Arménie], envoyée spéciale) Publié aujourd’hui à 16h50 Temps de Lecture 12 min. Article réservé aux abonnés ReportageDepuis le sommet d’août 2025, qui a vu le président des Etats-Unis jouer les médiateurs entre Erevan et Bakou, les Arméniens misent sur le projet de la « route Trump » reliant les deux ex-républiques soviétiques, en s’efforçant de surmonter les séquelles de trente ans de guerre. Le chronomètre est lancé. La jeune fille, fébrile, s’empare de la kalachnikov et s’efforce de monter l’arme le plus vite possible. Elle peine à emboîter une pièce, grimace, puis recommence. Autour d’elle, ses camarades l’encouragent. L’adolescente ajoute le chargeur à toute vitesse, pose l’AK-47 sur la table et lève les mains en l’air. Regard inquiet vers son professeur : « Combien de temps ? » Un peu moins d’une minute. Elle laisse éclater sa joie, sous les applaudissements des élèves. Concours de montage et de démontage d’une kalachnikov, à l’occasion de la Journée de l’armée, à Meghri (Arménie), le 28 janvier 2026. ERIC GRIGORIAN POUR « LE MONDE » Ce 28 janvier, l’Arménie commémore la Journée de l’armée, instaurée en 1992, pendant la première guerre contre l’Azerbaïdjan pour le contrôle de l’enclave séparatiste du Haut-Karabakh (1988-1994). Comme chaque année, la mairie de Meghri, petite ville de 5 000 habitants à l’extrémité sud du pays, organise une cérémonie pour célébrer ses soldats, ainsi qu’un concours destiné aux élèves. Dans cette ancienne république soviétique du Caucase, un enseignement militaire est obligatoire à l’école, à partir de 14 ans. Mais cette discipline semble presque anachronique tant, depuis sept mois, il n’est question que de « paix » dans le pays. Le mot est martelé à chaque occasion par le gouvernement, déterminé à normaliser ses relations avec l’Azerbaïdjan, après plus de trois décennies de conflit. Le premier ministre, Nikol Pachinian, a pris acte de la défaite écrasante de 2020, face à Bakou, dans le Haut-Karabakh, et de la chute de l’enclave séparatiste, en septembre 2023, lors d’une offensive éclair azerbaïdjanaise. Il entend désormais sauver ce qui reste de l’Arménie, petit pays de 3 millions d’habitants, enclavé, en évitant un nouveau conflit et en le sortant de l’isolement. Il vous reste 91.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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