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📅 18/03/2026 à 13:51
"Le plaidoyer d'Anthropic en faveur de garde-fous pour l'IA est louable": 150 anciens juges apportent leur soutien à Anthropic dans le procès qui l’oppose à l’administration Trump
Géopolitique
Près de 150 anciens juges ont déposé un mémoire d'amicus curiae, un document juridique, dans lequel ils prennent le parti d'Anthropic, qui a porté plainte contre le gouvernement américain après avoir été désignée comme entreprise "à risque".Dans son combat contre le gouvernement Trump, Anthropic peut compter sur de nombreux soutiens. À commencer par la concurrence. Alors que la start-up conteste en justice sa désignation comme entreprise "à risque", Google et OpenAI, suivis de Microsoft, ont pris sa défense dans des documents juridiques, qui permettent à des acteurs non concernés par une affaire, d'apporter au dossier des informations, précisions, analyses et arguments éclairants pour aider les juges dans leur décision.Une partie de la justice américaine a également pris son parti en suivant la même procédure, rapporte CNN. Près de 150 anciens juges fédéraux et étatiques ont ainsi déposé un mémoire d'amicus curiae.En qualifiant Anthropic de "risque pour les approvisionnements", le Pentagone "a mal interprété la loi et enfreint les procédures requises", ont-ils reproché, soulignant que "d'un point de vue pratique, personne ne cherche à contraindre le ministère [de la Défense, NDLR] à passer un contrat" avec la start-up à l'origine de l'IA Claude.Dangereux précédentLes près de 150 anciens juges se rangent ainsi derrière l'opinion d'Anthropic, qui demande à ne pas être pénalisée pour avoir refusé que sa technologie soit utilisée par l'armée américaine sans restrictions en matière de surveillance et d'armes autonomes.Dans leur mémoire, ils font également part d'inquiétudes exprimées au sein des communautés technologiques, juridiques et de sécurité nationale quant au précédent que la sanction de l'administration Trump pourrait créer en matière d'influence du gouvernement sur les entreprises privées.Pour rappel, la désignation attribuée à Anthropic était jusqu'ici réservée aux sociétés étrangères, comme le russe Kaspersky ou le chinois Huawei. Elle pourrait avoir des répercussions sur les contrats de la start-up américaine avec les entreprises travaillant avec l'armée. Mais pour le moment, Google, Microsoft et Amazon ont assuré qu'ils continueraient de proposer les modèles d'IA de la jeune société sur leurs plateformes pour les usagers autres que ceux liés au ministère de la Défense.Des garde-fous nécessairesEn plus des près de 150 juges et de grosses entreprises américaines, Anthropic peut aussi compter sur le soutien de deux associations de défense des libertés: l'American Civil Liberties Union (ACLU) et le CDT (Center for Democracy and Technology). Elles ont également déposé un mémoire d'amicus curiae, dans lequel elles expliquent pourquoi le plaidoyer de la start-up en faveur de garde-fous est important."La surveillance alimentée par l'IA fait peser d'immenses dangers sur notre démocratie. Le plaidoyer public d'Anthropic en faveur de garde-fous pour l'IA est louable et protégé par le Premier amendement (...) Anthropic a eu raison de s'exprimer, mais le Congrès doit également se mobiliser pour nous protéger contre l'espionnnage de masse", a insisté Patrick Toomey, directeur adjoint du projet Sécurité nationale de l'ACLU, dans un communiqué.Malgré ces nombreuses marques de soutien, il semblerait que le gouvernement américain n'ait pas prévu de céder. Le 17 mars, il a répliqué à la plainte déposée par Anthropic avec un document de 40 pages déposé dans un tribunal californien et relayé par le New York Times. Et il y réitère que la start-up représente un "risque inacceptable" pour la sécurité nationale, car elle pourrait désactiver ou modifier sa technologie afin de servir ses propres intérêts plutôt que les priorités du pays, en temps de guerre.Mais ce n'est pas pour autant que l'armée américaine a cessé d'utiliser Claude. En pleine guerre contre l'Iran, elle s'en sert pour mener des frappes contre le pays.Les plus lus"Ça ne me fait pas rigoler", "je le vis bien, je suis habitué": le surprenant duel Hittler-Zielenski aux municipales raconté par les candidats"C’est aux Niçois de trancher dans les urnes": Bruno Retailleau refuse d'apporter son soutien à Christian Estrosi pour le second tour des municipales face à Éric Ciotti"Les Américains sont tout seuls": pourquoi personne n'a répondu à l'appel à l'aide de Donald Trump dans le détroit d'OrmuzDes expatriés ont quitté Dubaï à cause de la guerre mais maintenant ils ont peur de payer des impôts: les Émirats arabes unis assouplissent les règles de résidence fiscale"Ce n’est pas le 1er avril", "la blague du siècle"… la presse internationale abasourdie par la CAN attribuée au Maroc sur tapis vert
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