● Le Monde International
📅 18/03/2026 à 11:00
« La guerre telle que la scénarise Donald Trump est mise à l’épreuve par un régime iranien prêt à tout pour survivre »
Géopolitique
Un dîner à Mar-a-Lago (Floride), un président chinois et, évidemment, « le plus beau gâteau au chocolat que vous ayez jamais vu ». Au cours de son premier mandat, Donald Trump ne manquait pas une occasion de raconter l’annonce à son homologue, Xi Jinping, à l’heure du dessert, le 7 avril 2017, de frappes contre la Syrie. Dix secondes s’étaient écoulées, selon ses dires, avant que son invité ne réagisse. Il s’agissait de représailles à l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar Al-Assad contre les rebelles qui le défiaient. Ce recours à la force était le premier d’une longue série, dont les caractéristiques ont été invariablement les mêmes : l’audace, l’exploitation désinhibée de la puissance de frappe américaine et l’impératif de brièveté de l’engagement. Ce dosage a permis à Donald Trump de conserver la maîtrise du récit de ses présidences sans renier sa promesse d’éviter les bourbiers dans lesquels s’étaient enlisés ses prédécesseurs. Cet équilibre a tenu contre des cibles faibles d’un point de vue militaire, qu’il s’agisse des miliciens houthistes au Yémen, de groupuscules djihadistes en Syrie ou au Nigeria, ou encore d’un régime vénézuélien dont l’histoire confirmera sans doute qu’il était prêt à s’accommoder de l’enlèvement de son dirigeant, Nicolas Maduro. La guerre telle que la scénarise Donald Trump est en revanche mise à l’épreuve par un régime iranien prêt à tout pour survivre. Lire aussi | EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : Israël bombarde le centre de Beyrouth et Saïda, principale ville du sud du Liban Lire plus tard Certes, le trouble provoqué par cette attaque, qui relevait de l’opportunité et non de la menace immédiate, compte tenu de l’affaiblissement historique de la République islamique à la veille du 28 février, s’explique d’abord par l’incapacité de Donald Trump à énoncer des objectifs clairs. Ils lui auraient permis de préparer à la guerre une opinion publique sceptique. Mais ce trouble est décuplé par l’inadéquation du discours du locataire de la Maison Blanche à un conflit qui pourrait durer bien plus longtemps que les quatre à six semaines encore évoquées le 16 mars par la Maison Blanche. Il vous reste 66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
🔗 Lire l'article original
👁️ 1 lecture