● Le Journal du Geek 📅 17/03/2026 à 20:02

Espace : une étude révèle un risque caché de thrombose chez les femmes astronautes

👤 Camille Coirault
Illustration
© Nicolas Lobos / Unsplash Lorsque le corps humain évolue en microgravité, il est malmené et son équilibre physiologique est profondément perturbé : l’apesanteur entraîne une fonte musculaire et une déminéralisation osseuse ; cela vaut pour les hommes comme pour les femmes. Mais dans le cas de ces dernières, elles seraient plus propices à développer des thromboses (formation de caillots sanguins) dans des conditions très différentes de celles observées sur Terre. C’est une étude publiée en mars 2026 dans la revue Acta Astronautica qui vient de documenter ce phénomène, avec, à l’appui, des données expérimentales qui n’avaient jamais été recueillies jusqu’alors. Microgravité : le système sanguin des femmes sous pression Pour reproduire les effets de l’apesanteur sans quitter le plancher des vaches, l’équipe de la Simon Fraser University (SFU) a eu recours à l’immersion sèche. Un protocole assez éprouvant, puisque les 18 participantes de l’étude sont restées en flottaison pendant cinq jours dans un bain thermostaté, isolées de l’eau par une bâche étanche. Ce dispositif neutralise l’appui sur les points de pression du corps et simule ainsi la redistribution des fluides : en l’absence de gravité, le sang ne redescent plus dans les jambes et reflue ainsi vers le tronc et la tête. Les chercheurs ont ensuite analysé la cinétique de coagulation, c’est-à-dire la vitesse et la manière dont le sang se solidifie pour colmater une brèche. Pour ce faire, ils ont utilisé la thromboélastométrie rotationnelle (ROTEM), une technique d’analyse en temps réel qui mesure la viscoélasticité du sang lors de la formation d’un caillot. Au bout des cinq jours, toutes les volontaires ont présenté des signes d’hypercoagulabilité : leur sang s’est coagulé anormalement. Les données montrent que si la coagulation démarre plus lentement, une fois enclenchée, la formation du caillot est beaucoup plus rapide que la normale. Les caillots eux-mêmes sont différents des caillots qui peuvent se former sur Terre : ils sont beaucoup plus denses, et résistent davantage lorsque l’organisme tente naturellement de les dissoudre (phénomène de fibrinolyse). En plus de cette formation accélérée, les caillots ont tendance à apparaître dans des zones considérées comme risquées dans le réseau sanguin. « Dans l’espace, les caillots sont plus susceptibles d’apparaître dans la veine jugulaire. De là, ils peuvent atteindre rapidement les poumons ou le cœur et déclencher un événement grave », précise le chercheur Richard Blaber, co-auteur de l’étude. Un problème pour les missions de longue durée Les chercheurs se veulent toutefois rassurants : sur une immersion de cinq jours, aucun problème n’a été recensé chez les femmes testées pour l’occasion. Mais si l’on regarde plus loin, notamment les projets de bases lunaires du programme Artemis, ou pire, les premiers vols habités vers Mars, une exposition prolongée à l’apesanteur devient un facteur de risque plus important pour un membre d’équipage féminin. En passant des mois entiers sans bénéficier des effets de la gravité terrestre, la probabilité de voir ce genre de caillot appraître augmente statistiquement. On ne vous fera pas un dessin : à des millions de kilomètres de la Terre, aucune évacuation d’urgence n’est possible. Un caillot qui migre peut provoquer une embolie pulmonaire ou un AVC et sans infrastructure hospitalière lourde pour réaliser une thrombolyse (la dissolution chimique du caillot), c’est tout un équipage qui peut être menacé. Cette étude nous apporte d’ailleurs une précision capitale pour le suivi de ces missions : les cycles menstruels ne semblent pas influencer cette coagulation. Le risque d’hypercoagulabilité est une réponse physique du système vasculaire féminin, qui n’a donc rien à voir avec une quelconque particularité hormonale. Bien heureusement, les agences spatiales n’ont pas attendu ces travaux pour généraliser les échographies de la jugulaire, obligatoires pour tous les équipages séjournant à bord de l’ISS. Une surveillance héritée de la découverte accidentelle d’un caillot chez l’astronaute américaine Serena Auñón-Chancellor en 2019. Espérons désormais qu’ils serviront à ériger un protocole de monitoring plus strict imposé pour les missions incluant des équipages mixtes. 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. Partagez 𝕏 0 commentaire Signaler une erreur NomPrénomNomAdresse de contact *L'erreur concerne *Une / des fautes d'orthographeUne formulation erronéeLe sens même de l'articleErreur à signaler à l'équipe du JDG *EmailEnvoyer Source : Futurity astronauteEspacefemmesantéScience Un étrange état de la matière né après le Big Bang pourrait encore exister aujourd’hui Les dernières actualités Espace : une étude révèle un risque caché de thrombose chez les femmes astronautes Test du Realme 16 Pro+ : une excellente surprise Streaming Chelsea PSG : comment regarder la Ligue des Champions en direct HD ? 🔴 Un étrange état de la matière né après le Big Bang pourrait encore exister aujourd’hui C’est quand qu’on change d’heure pour passer à l’heure d’été ? Critique Projet Dernière Chance : un véritable film coup de cœur ! Impression 3D : PLA, ABS, PETG ou TPU, quel filament choisir quand on débute ? Dune 3 : Paul Atréides devient père dans la bande-annonce
← Retour