● Le Monde International 📅 17/03/2026 à 15:29

Pour l’avion de combat franco-allemand du SCAF, la réalité industrielle dépasse l’ambition politique

Énergie & Environnement
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Qui imagine encore que l’avion de combat de nouvelle génération franco-allemand vole un jour au milieu du système de combat aérien du futur (SCAF) ? Ni la France, ni l’Allemagne, les deux pays à l’initiative du projet en juillet 2017, ni l’Espagne, intégrée dans l’équipe en 2019, n’ont annoncé son abandon. Mais la réalité s’impose : après des mois de tensions, Dassault Aviation et Airbus, les industriels chargés de concevoir et fabriquer cet avion de combat, ne veulent plus travailler ensemble. Les deux avionneurs se renvoient la responsabilité de l’échec. « Airbus a déclaré qu’il ne voulait plus travailler avec Dassault. J’en prends bonne note », a affirmé Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, le 4 mars. « Si le projet est pris en otage, si les règles convenues sont remises en question unilatéralement et si l’industrie et les besoins allemands sont ignorés, nous ne pourrons pas remplir notre mission industrielle », a riposté le lendemain, Michael Schoellhorn, le directeur général de la branche défense et spatial d’Airbus, blouson d’aviateur sur le dos, en réponse aux critiques répétées de Dassault sur le manque supposé de compétences de son groupe dans l’aviation de combat. Ce combat d’ego patronal cache une bataille plus profonde. Compte tenu des sommes en jeu (l’avion représente la plus grosse partie des 100 milliards d’euros de budget estimé pour le SCAF), des intérêts économiques et des répercussions à long terme de ce programme, Dassault et Airbus, concurrents dans les avions de combat avec le Rafale d’un côté et l’Eurofighter de l’autre, ont-ils vraiment voulu un jour de cet appareil commun ? En réclamant la pleine direction du projet qu’il disait ne pas détenir, Dassault voulait avoir le dernier mot sur les caractéristiques de l’avion et le choix des sous-traitants. « Pour être efficace, il faut un vrai leader », a martelé M. Trappier, soucieux de protéger ses secrets et soupçonnant Airbus de vouloir profiter du SCAF pour gagner en compétences. Il vous reste 66.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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