● BFM Tech
📅 17/03/2026 à 15:42
"Les robots ne saignent pas": pour la première fois, des robots humanoïdes américains vont être déployés sur le front ukrainien
Géopolitique
Dans une guerre toujours plus technologique, le conflit russo-ukrainien a accueilli ses premiers robots humanoïdes. Les "Phantom MK-1", conçus par la start-up américaine Foundation Robotics, ont été déployés en première ligne pour des missions de reconnaissance, afin de tester leurs performances en conditions réelles de combat.À la fin de l’année 2025, une anecdote venue du front ukrainien a particulièrement marqué les observateurs. L’armée ukrainienne a relaté une opération qui aurait "marqué l’histoire militaire": le déploiement d’un drone terrestre armé d’une mitrailleuse, capable de tenir seul une position en première ligne pendant près de six semaines. Selon l'Atlantic Council, ce véhicule terrestre sans pilote (UGV), télécommandé, aurait mené une mission de combat de 45 jours dans l’est de l’Ukraine, avec des opérations de maintenance et de recharge toutes les 48 heures."Seul le système UGV était présent sur la position", a expliqué Mykola Zinkevych, du 3e corps d’armée ukrainien, avant d’ajouter: "C’était le principe fondamental. Les robots ne saignent pas."Ce déploiement réussi illustre le potentiel croissant d’une armée robotisée, alors que l’Ukraine fait face à une pénurie de main-d’œuvre, près de quatre ans après le début de l’invasion russe à grande échelle. Les systèmes robotisés sont désormais au cœur de la stratégie militaire ukrainienne. Le ministère de la Défense affirme même déjà avoir dépassé ses objectifs de livraison d’UGV pour 2025 et prévoit d’accélérer leur déploiement.Le Phantom Mk-I de la start-up américaine Foundation est déjà en phase de test dans des usines © FoundationMais ce n’est pas tout. Pour la première fois sur un champ de bataille, les forces de Kiev s’apprêtent à déployer de véritables robots soldats humanoïdes. Le site spécialisé Interesting Engineering rapporte que deux de ces machines ont déjà été livrées à l’Ukraine pour une évaluation en conditions réelles, marquant une nouvelle étape dans l’évolution des systèmes de combat robotisés. Les robots humanoïdes Phantom MK-1, conçus par la start-up américaine Foundation Robotics, ont ainsi été envoyés en février, selon l’entreprise.Des robots et drones en première ligneConcrètement, cet humanoïde mesure environ 1,75 mètre, pèse entre 79 et 82 kg et est conçu pour intervenir dans des missions à haut risque, telles que la reconnaissance, le déminage ou encore diverses opérations terrestres. Selon Futurism, ces machines ont été déployées en première ligne pour des missions de reconnaissance, afin d’évaluer leur efficacité en situation de combat.Présenté en octobre 2025 comme un projet conçu pour un usage militaire, le Phantom MK-1 pourrait à terme remplacer les soldats dans les tâches les plus dangereuses. Son cofondateur, Mike LeBlanc, expliquait au magazine Time que la plateforme est ainsi pensée pour utiliser différents systèmes d’armes. Déjà testé dans l’industrie, le robot trouve en Ukraine... un laboratoire grandeur nature.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky auprès de ses soldats, le 4 septembre 2023 © AFP PHOTO / UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICEDepuis l’invasion russe de février 2022, l’innovation technologique est devenue un pilier central de la défense ukrainienne. Dès les premiers mois, les forces de Kiev ont utilisé des drones commerciaux bon marché pour la reconnaissance, avant de les adapter au transport d’explosifs. En quelques années, l’Ukraine a ainsi développé une industrie nationale capable de produire des millions de drones et de s’adapter rapidement aux besoins du champ de bataille.Cette dynamique s’est aussi étendue à la mer, où des drones navals ont permis de frapper plusieurs navires russes, contraignant Moscou à repositionner une partie de sa flotte hors de Crimée. Le lundi 15 décembre dernier, les forces ukrainiennes ont notamment revendiqué une opération spectaculaire en mer Noire: "des drones sous-marins Sea Baby ont fait exploser un sous-marin russe", ont annoncé les services de sécurité ukrainiens sur Telegram.Le bâtiment, amarré dans le port de Novorossiïsk, aurait subi "des dommages critiques" et aurait été "mis hors service". La cible présumée est un sous-marin de classe Varshavyanka, connu sous la désignation OTAN "Kilo", un appareil d’attaque conventionnel à propulsion diesel-électrique en service depuis les années 1980.Des questions éthiques majeures À partir de 2023, les drones ont largement dominé le champ de bataille, rendant les déplacements terrestres extrêmement risqués près du front. L’Ukraine a alors accéléré le développement de drones terrestres pour des missions logistiques, comme le ravitaillement ou l’évacuation des blessés. Face à l’intensification des attaques russes, notamment avec des drones à fibre optique perturbant les lignes arrière, ces véhicules sans pilote sont devenus essentiels pour maintenir les opérations et limiter les pertes humaines."Le développement et le déploiement à grande échelle de systèmes robotisés terrestres s'inscrivent dans une approche systématique et centrée sur l'humain, axée sur la protection du personnel", a déclaré le premier vice-Premier ministre et ancien ministre de la défense ukrainien Denys Shmyhal.Les drones terrestres télécommandés présentent de nombreux avantages tactiques. Moins vulnérables aux brouillages électroniques que les drones aériens et beaucoup plus discrets que les camions ou les véhicules classiques, ils sont devenus des outils essentiels pour l’armée ukrainienne. En novembre 2025, la BBC rapportait que jusqu’à 90% des ravitaillements destinés aux positions de première ligne autour de Pokrovsk étaient assurés par ces véhicules terrestres sans pilote (UGV).Sur le même sujetGéopolitique du jeu vidéo (5/5) : de l’ère soviétique aux opérations de séduction africaines, comment le jeu vidéo russe devient un axe important d’un soft power en devenirLa Russie ne "retrouvera pas pleinement le niveau d'efficacité qu'elle avait avec Starlink": coupée du système "pratiquement irremplaçable" d'Elon Musk, l'armée russe subit des revers en Ukraine faute d'alternativePlus généralement, si l’on revient sur la question du Phantom MK-1, les robots humanoïdes devraient probablement apparaître plus "massivement" sur les fronts dans les prochains mois. Cela soulève cependant des questions éthiques majeures: pourront-ils tuer sans supervision humaine? Livrer du matériel, c’est une chose, mais prendre des vies en est une autre.Les plus lus"Pour moi, le chemin s'arrête": à peine conclue, l'alliance Dati-Bournazel bat déjà de l'aile à ParisGuerre en Iran et au Moyen-Orient: Israël annonce avoir tué Ali Larijani, homme fort du régime iranienCoups, grenade lacrymogène… L'IGPN saisie après une interpellation à Noisiel à la suite de tirs de mortier contre un commissariatAffaire Bygmalion: Nicolas Sarkozy ne fait pas appel du rejet de sa demande de confusion des peines et va purger sa peine de 6 mois de prison fermeChelsea-PSG: comment Paris, bourreau des clubs de Premier League, a gagné le respect en Angleterre
🔗 Lire l'article original
👁️ 1 lecture