● Le Monde International
📅 17/03/2026 à 14:48
Assassinat de Patrice Lumumba au Congo : la justice belge ordonne le renvoi en procès d’Etienne Davignon, ancien diplomate belge
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Le président de SN Airholding, Etienne Davignon, à Machelen (Belgique), le 11 mai 2018. BENOIT DOPPAGNE/BELGA/AFP Soixante-cinq ans après les faits, la justice belge a ordonné, mardi 17 mars, le renvoi en procès d’un ancien diplomate belge, Etienne Davignon, soupçonné de « participation à des crimes de guerre » pour son implication dans les décisions ayant mené à l’assassinat du dirigeant congolais Patrice Lumumba en 1961. La décision, susceptible d’appel, a été rendue à huis clos par une juridiction d’instruction à Bruxelles. Le parquet fédéral a confirmé à l’Agence France-Presse ce renvoi annoncé à la presse par l’avocat Christophe Marchand, qui défend les descendants du héros de l’indépendance congolaise. Selon l’avocat, le procès pourrait se tenir « au plus tôt en janvier » 2027. Jamais un procès pénal n’a été organisé sur cette page sombre de la relation entre le Congo devenu indépendant en juin 1960 et son ancienne puissance coloniale, la Belgique. « On est tous soulagés, enfin la Belgique regarde son histoire en face », a fait valoir à l’AFP-TV Mehdi Lumumba, un petit-fils de Patrice Lumumba, venu mardi assister à l’audience. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Belgique, la justice face à l’assassinat du Congolais Patrice Lumumba, il y a 65 ans Lire plus tard Premier chef du gouvernement du Congo indépendant (l’actuelle République démocratique du Congo, RDC), Patrice Lumumba avait été renversé dès la mi-septembre 1960 par un coup d’Etat. Transféré dans la région sécessionniste du Katanga (sud), il fut exécuté le 17 janvier 1961 par des séparatistes, avec l’appui de mercenaires belges. Il avait 35 ans. Son corps fut dissous dans l’acide. « Funeste entreprise criminelle étatique » Aujourd’hui, un seul homme peut encore répondre d’une éventuelle responsabilité pénale, parmi la dizaine de fonctionnaires, policiers ou agents de renseignements belges visés initialement dans une plainte déposée en 2011 à Bruxelles par des enfants du défunt : Etienne Davignon, le seul des mis en cause encore en vie. Cet ex-diplomate et haut fonctionnaire belge aujourd’hui âgé de 93 ans conteste les faits reprochés. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Assassinat de Patrice Lumumba au Congo : un ancien diplomate belge pourrait être bientôt jugé Lire plus tard A l’époque de l’indépendance du Congo, M. Davignon, qui aura ensuite une longue carrière d’homme d’affaires et fut même commissaire européen dans les années 1980, était diplomate stagiaire pour les affaires étrangères belges. Il est soupçonné d’avoir été aux premières loges quand a été évoqué par divers responsables belges le transfert du prisonnier Lumumba dans une région où les autorités locales lui étaient très hostiles, le Katanga, dont la sécession était alors soutenue par le pouvoir belge, selon la plainte. Me Christophe Marchand estime que M. Davignon a été « un maillon » d’« une funeste entreprise criminelle étatique » de la Belgique. Dans sa demande de renvoi en procès formulée en 2025, le parquet fédéral a visé le chef de « participation à des crimes de guerre » pour l’implication du suspect dans « la détention ou le transfert illicite » de Patrice Lumumba. Il a pointé aussi de présumés « traitements humiliants et dégradants » à l’égard de la victime. Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Le premier ministre belge présente des excuses officielles pour la mort de Patrice Lumumba Lire plus tard Le Monde avec AFP S’abonner
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