● Le Monde International 📅 17/03/2026 à 13:43

Au Soudan du Sud, 100 000 personnes ont fui en un mois vers l’Ethiopie

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Des réfugiés ayant traversé du Soudan vers l’Ethiopie s’enregistrent auprès du bureau d’un organisme de l’ONU en charge des migrations, l’Organisation internationale pour les migrations. AMANUEL SILESHI / AFP Environ 100 000 habitants du Soudan du Sud ont fui le pays en mars pour se réfugier en Ethiopie, suivant l’ordre donné par l’armée sud-soudanaise à la population de se retirer d’une zone contrôlée par l’opposition, selon une estimation communiquée par l’Unicef, mardi 17 mars. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le Soudan du Sud s’enfonce dans une guerre civile qui ne dit pas son nom Lire plus tard Ce pays, de plus en plus instable, connaît depuis décembre une recrudescence des combats entre forces gouvernementales et d’opposition, principalement dans l’Etat du Jonglei (centre-est). La population déplacée est fortement fragilisée : un quart des enfants de moins de 5 ans ayant dû quitter leur domicile souffre désormais de malnutrition, à un niveau « alarmant », pointe l’Unicef dans un communiqué. Le 6 mars, l’armée sud-soudanaise (SSPDF) a exigé des civils vivant à Akobo, une ville de l’est du Jonglei tenue par les forces d’opposition, qu’ils partent dans des régions sous son contrôle ou dans des zones estimées plus sûres. Elle a également ordonné à la mission onusienne au Soudan du Sud (Minuss) et aux ONG présentes à Akobo, de « se retirer immédiatement », en amont « d’offensives militaires ». La Minuss a toutefois refusé de s’exécuter. Une santé publique ravagée L’armée sud-soudanaise affirme depuis lors avoir pris le contrôle d’Akobo, mais des affrontements étaient encore recensés samedi à proximité de cette ville, selon une source sécuritaire. L’Agence France-Presse n’a pas pu vérifier ces informations, du fait du conflit et très mauvais état du réseau téléphonique. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Soudan du Sud, un homme mort depuis cinq ans nommé par le président pour organiser les élections Lire plus tard Selon l’Unicef, 28 structures de santé et de nutrition ont été détruites depuis janvier dans le Jonglei, alors que la santé publique est ravagée par des années de corruption, quelque 80 % des soins au Soudan du Sud étant assurés par des bailleurs étrangers. « Tous ceux qui recevaient des soins à l’hôpital d’Akobo – auparavant un lieu sûr pour les malades et les blessés – sont partis. Des rapports font état d’un hôpital qui a été pillé et qui est maintenant fermé », relève l’Unicef. Les forces gouvernementales, fidèles au président sud-soudanais, Salva Kiir, combattent des milices d’opposition loyales à son rival de longue date, Riek Machar, placé depuis près d’un an en résidence surveillée et inculpé de « crimes contre l’humanité ». L’ONU avait averti, à la fin du mois de février, du risque de « reprise de la guerre civile généralisée » dans le plus jeune pays du monde. En janvier, 189 civils tués avaient été recensés, ainsi que de nombreuses violations des droits humains. Le Soudan du Sud avait connu une guerre civile sanglante entre 2013 et 2018, qui opposait déjà les forces de MM. Kiir et Machar, et avait fait plus de 400 000 morts. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le Soudan du Sud, tiraillé entre les deux rivaux du conflit soudanais Lire plus tard Le Monde avec AFP S’abonner
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