● Siècle Digital 📅 17/03/2026 à 13:56

Des escrocs sillonnaient Paris en voiture équipée d'appareils capables d'envoyer des SMS frauduleux à des millions de personnes

Géopolitique 👤 Frédéric Olivieri
Illustration
Cybersécurité Des escrocs sillonnaient Paris en voiture équipée d’appareils capables d’envoyer des SMS frauduleux à des millions de personnes Des outils détournés pour arnaquer des millions de Français… Par Frédéric Olivieri - @21_janvier Publié le 17 mars 2026 à 13h56 Alors que les arnaques par SMS continuent de se multiplier selon l’Arcep, une affaire récente jugée à Paris illustre un tournant dans les méthodes utilisées par les cybercriminels. Loin des techniques classiques, certains groupes n’hésitent plus à exploiter des technologies habituellement réservées aux forces de l’ordre. Une évolution qui interroge sur l’accessibilité de ces équipements sensibles et sur la capacité des autorités à encadrer leur usage… Des IMSI-catchers utilisés pour du phishing de masse Au coeur de cette affaire, on retrouve des dispositifs appelés IMSI-catchers, normalement utilisés par les services de renseignement pour intercepter des communications mobiles. Ces appareils agissent comme de fausses antennes relais, capables de se faire passer pour le réseau d’un opérateur afin de capter les téléphones à proximité. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Entre septembre 2022 et février 2023, Le Monde révèle que plusieurs individus ont exploité ces machines dans les rues de Paris. Installés dans des voitures circulant à faible vitesse, ils diffusaient des SMS frauduleux directement aux smartphones environnants, sans passer par les réseaux classiques des opérateurs. On estime qu’environ 3,7 millions de téléphones auraient été ciblés par l’une de ces machines, recevant des messages de phishing pour récupérer des données personnelles. Selon les informations de l’AFP, l’alerte serait venue d’Orange, sensible à la problématique des appels frauduleux, qui a détecté des anomalies dans le comportement radio de son réseau dès la fin de l’année 2022. Des condamnations lourdes pour les organisateurs Le tribunal judiciaire de Paris a condamné sept personnes dans cette affaire, et les deux principaux responsables, à la tête d’une société ayant acquis ces équipements auprès d’un fournisseur chinois, ont écopé de cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé. Le fournisseur, qui a été arrêté en Suisse, a également été condamné à quatre ans de prison. De leur côté, les autres membres du réseau ont reçu des peines allant de quelques mois avec sursis à deux ans de prison ferme, et une prévenue a été relaxée. Des attaques qui vont toujours plus loin&nbsp? Au delà des peines, la décision met en lumière la gravité du préjudice. Les autorités, dont l’Agence nationale des fréquences, ont obtenu des réparations symboliques, tandis qu’Orange a été indemnisé pour les perturbations causées à son réseau. Ceci étant dit, cette affaire illustre une tendance de fond, où la sophistication croissante des fraudes mobiles prend de plus en plus d’ampleur. En détournant des technologies aussi avancées, les cybercriminels franchissent un cap, rendent la détection plus complexe et renforcent même la nécessité d’une vigilance accrue, tant du côté des opérateurs que des utilisateurs… Pour aller plus loin Begone, l’appli iPhone qui bloque le démarchage téléphoniqueAprès une arnaque bancaire, la justice décide que l’opérateur télécom doit payerAppels frauduleux : Orange prépare une nouvelle arme pour identifier les entreprises qui vous contactentSpoofing, SMS frauduleux… les arnaques télécoms ont bondi de 113% en un anT-Mobile active la traduction automatique des conversations en temps réelTéléphonie mobile : les Français changent moins d’opérateur, signe d’un marché arrivé à maturité cybercriminalité Télécoms
← Retour