● Numerama 📅 15/03/2026 à 15:31

Sans images mais ultra-vivants : le monde fascinant des rêves d'aveugles

Intelligence Artificielle 👤 Kevin Duffy
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Lecture Zen Résumer l'article La vision, pilier de notre architecture cérébrale et de la mémoire, imprime naturellement une forte composante visuelle aux rêves des voyants. Les personnes aveugles de naissance ne rêvent pas en images, leurs songes se bâtissant sur des expériences sensorielles non visuelles. Chez ceux devenus aveugles plus tard, les éléments visuels persistent puis s’estompent dans les rêves à mesure que s’accumulent les années sans vision. La vision, pilier de notre architecture cérébrale et de la mémoire, imprime naturellement une forte composante visuelle aux rêves des voyants. Les personnes aveugles de naissance ne rêvent pas en images, leurs songes se bâtissant sur des expériences sensorielles non visuelles. Chez ceux devenus aveugles plus tard, les éléments visuels persistent puis s’estompent dans les rêves à mesure que s’accumulent les années sans vision. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ C’est une question que beaucoup peuvent se poser : comment les aveugles de naissance rêvent-ils ? Qu’imaginent-ils ? Cet article de The Conversation éclaire sur la façon dont les expériences oniriques se forment dans leur cerveau. La perception du monde chez les humains passe principalement par la vue. Près de la moitié de notre cerveau est consacrée au traitement des informations visuelles, et la plupart des réseaux cérébraux responsables de la vision s’établissent dès le début de la vie. Cela signifie que, dès la naissance et tout au long de notre vie, nous accumulons des expériences et des souvenirs qui dépendent fortement de la vision. Nous associons la plupart de nos interactions à des images visuelles plutôt qu’à des expériences issues de nos autres sens, tels que l’ouïe ou l’odorat. Pour ceux d’entre nous qui ont une vision normale, les rêves sont remplis des images visuelles que nous expérimentons pendant notre vie éveillée. Pour comprendre ce que les aveugles vivent dans leurs rêves, nous devons distinguer les expériences de ceux qui étaient aveugles à la naissance de celles de ceux qui sont devenus aveugles plus tard dans leur vie. Une personne endormie. // Source : Pixabay/CC0 (photo recadrée) Tout aussi vifs et imaginatifs Les êtres humains nés sans la vue ne sont pas en mesure de recueillir des expériences visuelles, de sorte qu’ils comprennent le monde entièrement par leurs autres sens. Par conséquent, les personnes atteintes de cécité à la naissance développent une étonnante capacité à comprendre le monde grâce à l’ensemble des expériences et des souvenirs qui proviennent de ces sens non visuels. Les rêves d’une personne aveugle depuis sa naissance peuvent être tout aussi vifs et imaginatifs que ceux d’une personne ayant une vision normale. Ils sont cependant uniques car leurs rêves sont construits à partir des expériences et des souvenirs non visuels qu’ils ont recueillis. Alors qu’une personne dotée d’une vision normale rêvera d’un ami familier en utilisant des souvenirs visuels de forme, d’éclairage et de couleur, une personne aveugle associera le même ami à une combinaison unique d’expériences issues de ses sens non visuels qui agissent pour représenter cet ami. En d’autres termes, les personnes aveugles à la naissance ont des expériences oniriques globales similaires, mais elles ne rêvent pas en images. L’expérience onirique d’une personne qui a perdu la vue plus tard dans sa vie est très différente de celle d’une personne qui n’a jamais eu de vision. Les personnes qui perdent la vue plus tard dans leur vie ont la capacité de recueillir de nombreuses expériences visuelles qui peuvent apparaître dans leurs rêves, d’une manière très similaire à celle d’une personne voyante. Il est intéressant – et peut-être attendu – que les rêves des personnes qui deviennent aveugles plus tard dans leur vie deviennent moins visuels à mesure que le temps passé sans vision augmente et qu’elles accumulent plus d’expériences sans vision. Kevin Duffy, professeur au département de psychologie et de neurosciences, Dalhousie University Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original. Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer ! Tout comprendre à la Médecine Comment les aveugles perçoivent-ils leurs rêves ? Elles vendent leurs règles 40 dollars pour créer la crème anti-âge de demain Pas de répit pour Sophie Adenot : le récit de ses premiers jours intenses dans l’ISS La fin des opioïdes est-elle en train de s’écrire en France ? AlphaGenome de DeepMind : quel impact sur la recherche des mutations génétiques ? Crédit photo de la une : Montage Numerama Signaler une erreur dans le texte Ne plus voir cette pub Ne plus voir cette pub Cerveau Corps humain Neurosciences sommeil The Conversation Vulgarisation
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