● Courrier International
📅 16/03/2026 à 17:27
“J’ai déjà donné, merci” : une voix s’élève contre la mode de la course à pied
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[Cet article a été publié le 17 août et republié le 16 mars 2026] Vous avez remarqué ? Soudain, tout le monde court. J’exagère à peine. Depuis quelques années, tous les gens que je connais se préparent pour courir un 5 000 mètres, ont inscrit un semi-marathon sur leur calendrier ou ne peuvent “pas prendre l’apéro” parce que ça coince au niveau de leur programme d’entraînement. Le lendemain du marathon de Pittsburgh [le 4 mai], j’ai été submergée sur les réseaux sociaux de photos d’amis et connaissances en sueur et épuisés. D’embrassades après la course. De familles en liesse. Et même de médailles. À lire aussi : Empowerment. “J’ai 35 ans et j’ai couru un marathon plus vite que je n’aurais jamais osé rêver” Comment en sommes-nous arrivés là ? Et quand je dis “tout le monde”, j’entends par là des hommes et des femmes robustes d’âge moyen, pas de jeunes athlètes musclés. Je parle de gens dont les exploits athlétiques se résumaient jusque-là à foncer faire les soldes chez Target [chaîne de magasins généralistes]. Il s’agit de l’ancienne institutrice d’un de mes gamins, mère de quatre enfants. D’une amie âgée de la cinquantaine. Ou encore d’une ex-voisine, enceinte jusqu’aux dents la dernière fois que je l’avais vue. Qu’est s’est-il passé ? Quand la course à pied est-elle devenue le sport que tout le monde pratique ? Je me suis tapé tous les K Un premier aveu : je hais la course. Enfin, haïr, c’est un peu fort. Disons simplement que courir ne m’intéresse absolument pas. En partie parce que mes genoux n’apprécient pas. Mais aussi parce que j’ai tendance à me prendre les pieds dans le tapis. Il m’arrive de m’imaginer, vision terrifiante, en train de tituber en agitant les bras dans les rues de mon quartier sous le regard atterré et incrédule de mes voisins. Cet article a été publié dans le dossier de notre numéro d’été 2024 : “Pourquoi court-on ?” Mais surtout, l’idée de courir ne me fait ni chaud ni froid, parce que j’ai déjà donné, merci. Au lycée, j’ai fait de l’athlétisme et du cross. C’était à la fin des années 1970, lors de la première vague enfiévrée de “la course est un sport super que tout le monde peut pratiquer”. J’ai continué, de façon irrégulière, quand j’avais une vingtaine d’années. Je me suis tapé des 5K. Des 10K. Tous les K, en fait. (Autre aveu : je me suis mise à courir au lycée parce que c’était dans cette discipline que se trouvaient tous les beaux gosses. De quoi sérieusement compromettre ma réputation de féministe d’élite.) À lire aussi : Sport. Courir à reculons, footing d’un nouveau genre ou tendance farfelue ? Les beaux gosses m’ont ignorée. Mais je suis tombée amoureuse de la course à pied, même si j’étais au mieux moyenne. Je me suis fait des amies, j’ai appris la valeur de l’effort, l’importance de se fixer des objectifs. C’est toujours avec tendresse que je repense à ces années-là. Je suis passée à autre chose Mais je ne tiens pas à les revivre. Je n’ai aucune envie d’enfiler des Nike pour aller piétiner sur la chaussée. Ça fleure bon la torture, et je suis passée à autre chose. Ces temps-ci, je marche. Certes, la marche n’est pas auréolée de la même gloire que le fait de courir un marathon. Il n’y a pas d’“euphorie du marcheur”. Si vous postez “Youhouhou, je viens de faire le tour du pâté de maisons !” ou “J’ai atteint les 1 000 pas chez Costco [magasin de gros en libre-service] !”, ça n’intéressera personne. À lire aussi : Santé. Les 10 000 pas par jour validés par une étude scientifique D’ailleurs, pour être honnête, j’ai même du mal à les compter, mes pas. “Vous avez fait moins de pas que la semaine dernière”, me houspille mon appli de fitness, et ce régulièrement. “Vous avez fait moins de pas que l’an dernier.” Elle ne cesse de me harceler. Au moins, elle ne me dit pas : “Tous vos amis courent des marathons. Leurs âmes connaissent la plénitude, ils ont atteint leurs objectifs. C’est quoi votre problème, bon sang ?” Charlotte Latvala Lire l’article original Sport Lifestyle Amériques Sur le même sujet Biomécanique. Pourquoi un chat court plus vite que Usain Bolt Belgique. À Louvain, Big Brother vous regarde faire votre jogging au parc Athlétisme . La Vaporfly de Nike officiellement autorisée en compétition No sport . Pour perdre du poids, rien ne sert de courir Source de l’article The Beaver County Times (Aliquippa (États-Unis)) Quotidien local du comté de Beaver (Pennsylvanie), au nord-ouest de Pittsburgh, The Beaver County Times est le fruit de la fusion, au milieu du XIXe siècle, de plusieurs journaux de la région, dont le Beaver Minerva, dont le premier numéro remonte à 1807. En 1997, le quotidien du soir a commencé à paraître le matin. En 2017, il a été racheté par GateHouse Media, qui lui-même a fusionné dans Gannett en 2019, groupe propriétaire d’une centaine de journaux, dont USA Today, et d’une vingtaine de stations locales de télévision. Depuis 2017, de nombreuses coupes ont été effectuées dans les effectifs du Beaver County Times et dans sa pagination. Lire la suite Nos services Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article → Cinéma - invitation Tentez de remporter une invitation pour le film « Derrière les Palmiers » de Meryem Benm’Barek. Je reçois mon invitation → Sooner Remportez 3 mois d’abonnement offert à Sooner, et visionnez le film « Les Repentis » de Icíar Bollaín. Je reçois mon code de streaming → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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