● Journal du Net 📅 12/03/2026 à 11:00

Bump 2025 : Après le digital, les Gafam s'attaquent au marché global de la pub en dévorant petit à petit les médias

Cybersécurité 👤 Luciana Uchôa-Lefebvre
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La croissance des recettes nettes des médias en 2025 en France est essentiellement portée par la dynamique du digital (+11%), selon le Bump dévoilé jeudi 12 mars. En dehors des Gafam, la casse est généralisée. Les recettes nettes de l’ensemble des médias s’élèvent à 19,795 milliards d’euros en France en 2025, en progression de 3,3% par rapport à 2024, selon le dernier Baromètre unifié du marché publicitaire (Bump), dévoilé jeudi 12 mars par France Pub, l’Irep et Kantar Media. En dehors des Gafam (social, search…) et du cinéma (+5,5%, mais pour 0,4% du marché...), la casse est généralisée… Au total, digital compris, l’étude énumère : -8,1% pour la télévision, -6,4% pour la presse, -2,5% pour la radio (digital compris), -5,3% pour l’affichage extérieur. Les revenus 2025 de la télévision, de la presse et de la radio sont en retrait même vis-à-vis des niveaux de 2023, respectivement de -4,3%, -10,2% et -1,5%. Pour ce qui est de la publicité extérieure, c’est la première fois que ce média marque le pas depuis la reprise post-Covid, selon les auteurs de l’étude : même le DOOH, levier pourtant vertueux cumulant des hausses notables ces dernières années, a fini l’année en baisse de 2,3%. Au total, télévision, radio, presse et affichage extérieur (digital + print + offline) ont perdu la bagatelle de près de 488 millions d’euros en 2025… Sur l’ensemble du marché, l’évolution, de 3,3%, contraste avec les +7,7% observés en 2024, année faste des Jeux olympiques de Paris, comparé à 2023. L’effet de base défavorable n’est cependant plus la seule explication à la décélération du marché publicitaire français : on reconnaît désormais l’impact négatif sur le moral des annonceurs, perceptible notamment dès l'automne 2025, d’une conjoncture politico-économique incertaine et des conflits internationaux. Le digital en hausse ne suffit pas à contenir la baisse des recettes Les auteurs de l’étude mettent l’accent sur le fait que le "digital media" se porte plutôt bien avec un +9,6% pour la TV, la radio et la presse pris ensemble. Sur ces trois médias, le rôle des formats audio et vidéo est tout particulièrement impactant, avec des recettes en hausse de +24,5% pour l’audio et de +19,6% pour la vidéo, insistent les auteurs de l’étude. Il reste que le poids encore minoritaire du digital chez les médias historiques (14% en TV, 8% en radio, 23% en presse) ne suffit pas à compenser la dégringolade. Sans compter que, en creusant, on découvre que cette performance du digital media positive n’est sans doute pas le fait de la presse : le digital média de la presse est en réalité en retrait de 4,8% en 2025 comparé à 2024, il est descendu au même niveau de 2023. A côté de ces réalités très contrastées voire compliquées, le digital, avec les plateformes (search, social, retail media, CTV, etc.), paraît imperturbable, les recettes ayant évolué de 11% en 2025. Focus sur les arbitrages entre médias locaux versus plateformes Le Bump amène pour la première fois un éclairage sur les annonceurs qui s’investissent sur les médias français et européens (digital compris) comparé aux plateformes (social, search et YouTube). L’étude montre que certains annonceurs des secteurs de l’édition, de la grande consommation ou de l’automobile sont davantage représentés sur les médias locaux. L’étude va jusqu’à citer les noms des marques, par secteur. À l’inverse, d’autres secteurs s’illustrent par "un attachement plus fort" aux plateformes, c'est le cas de l’informatique, de l’enseignement & formation et de certaines catégories de mode. © Bump Le marché de la communication en baisse de 1,3% en 2025 En 2025, les investissements en communication des annonceurs (au sens large, frais de production et d’agence compris) ont atteint 35,2 milliards d’euros, en baisse de -1,3% par rapport à 2024, mais en progression de +3,2% par rapport à 2023. "La prudence des annonceurs contraste avec l’évolution de l’activité économique, qui a progressé de 0,9% en prix constants, et de 2% en prix courants", analysent les auteurs. Les secteurs ayant appuyé le plus sur le frein en 2025 sont le corporate (-33%), l’automobile (-10%), l’ameublement-décoration (-9%) et la distribution spécialisée (-6%). © Bump En 2026, les auteurs de l’étude tablent sur une hausse de 2% des investissements en communication. Mais l’impact de la guerre au Moyen-Orient, qui n’a pas pu être pris en compte, pourra très certainement les amener à revoir leur copie si la situation perdure.
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