● Journal du Net 📅 16/03/2026 à 20:06

L'Equipe obtient 16,19 millions d'euros de dommages et intérêts contre Google

Énergie & Environnement 👤 Luciana Uchôa-Lefebvre
🏷️ Tags : rte
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Le montant équivaut à 13,5% environ de ce que les plaignants avaient demandé au départ. Le Tribunal des affaires économiques de Paris a écarté les demandes faites pour le compte de la régie de l'éditeur, Amaury Media. L’Equipe, accompagné par le cabinet Dazi, gagne une première manche face à Google. Le Tribunal des affaires économiques de Paris accorde à l’éditeur 16,19 millions d’euros de dommages et intérêts pour les préjudices subis de 2014 à 2022 à cause des pratiques anti-concurrentielles de Google sur le marché de la publicité en ligne. Google est condamné également à s’acquitter de 50 000 euros à titre de frais de procédure. Au début de la procédure, l’éditeur et sa régie demandaient 119,7 millions d’euros de réparation des préjudices subis. La décision du TAE a été rendue publique lundi 16 mars. Contacté par le Journal du Net, l’éditeur n’a pas souhaité commenter cette décision. Pourquoi une telle différence entre le montant demandé et la décision ? Une des explications réside dans le fait que l’action demandait réparation des dommages et intérêts subis à la fois par l’éditeur l’Equipe et par sa régie Amaury Media. Or, cette dernière a été écartée de la décision. Le tribunal a estimé que "Amaury Media ne démontre pas l’existence d’un préjudice personnel dont la régie pourrait être indemnisée dans le cadre de ce litige", peut-on lire dans la décision. Seuls sont donc concernés les sites de l’Equipe, et des marques Sport et Style, Vélo et France Football. Comme tant d’autres avec des affaires en cours et comme M6 qui vient d’obtenir une suite favorable, le groupe Amaury Media et L'Équipe se sont appuyés dans leur demande sur la décision de l’Autorité de la concurrence (AdlC) de juin 2021 de sanctionner Google pour avoir favorisé sa propre plateforme publicitaire, Adx (qui fait partie de GAM aujourd’hui), au détriment de ses concurrents. La régie se servant jusqu’en 2017 d’un serveur publicitaire concurrent à Google, elle soutient avoir été empêchée de pleinement bénéficier de la demande des annonceurs utilisant les outils de Google, vu que ce dernier a freiné le développement du header bidding, lui occasionnant un manque à gagner. De plus, à partir de 2017, elle affirme avoir été impactée par des enchères biaisées et des taux de commission élevés. Un préjudice estimé au total à 119,7 millions d’euros par Charles River Associates (CRA) pour l’éditeur et la régie. Parmi les différents arguments soutenus par les plaignants, le tribunal a retenu : -Qu’étant privés de la possibilité de faire jouer pleinement la concurrence entre les différents SSP en utilisant le header bidding jusqu’en 2018, l’éditeur a subi un préjudice matérialisé par le manque à gagner ; -Que Google a pratiqué la vente liée entre ces outils, abusé de sa position dominante et réduit la concurrence au détriment de l’éditeur ; -Que la faible interopérabilité entre Adx et les serveurs publicitaires a bien eu pour conséquence une baisse du revenu brut de l’Equipe. Le tribunal indique également qu’il est "incontestable qu’Adx a maintenu des taux de commission plus élevés que ses concurrents pendant la période incriminée". Le TAE n’a pas retenu en revanche "l’effet ombrelle", soit l’impact de l’abus de position dominante sur les ventes directes pratiquées par l’éditeur à son préjudice, considérant que bien qu’une porosité puisse s’opérer, la démonstration de l’impact n’a pas été faite. Contacté par le JDN, un porte-parole de Google a déclaré : "Nous sommes en désaccord avec cette décision et nous étudions actuellement les prochaines étapes. Ces actions en justice concernant nos produits publicitaires display tiers reposent sur des interprétations erronées du secteur des technologies publicitaires, qui est hautement concurrentiel et en constante évolution." Il est encore trop tôt pour savoir si l’Equipe fera appel de cette décision.
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