● BFM Tech
📅 16/03/2026 à 18:07
Comment l'IA facilite grandement la vie des travailleurs nord coréens qui usurpent des identités pour enrichir le régime de Kim Jong-un
Géopolitique
Une personne travaillant sur un ordinateur - Photo par PHILIPPE HUGUEN / AFPTrompant les entreprises occidentales depuis des années en usurpant des identités, des Nord-Coréens ont de plus en plus recours à l'intelligence artificielle pour rendre leur arnaque plus crédible et plus lucrative.C'est une arnaque qui rapporte beaucoup d'argent au gouvernement nord-coréen et qui est encore plus lucrative avec l'intelligence artificielle. Depuis des années, des Nord-Coréens dissimulent leur identité pour décrocher des emplois en télétravail dans des entreprises occidentales.Entre 2020 et 2024, ils ont infiltré plus de 300 entreprises américaines en se faisant passer pour des salariés à distance, rapportant près de 7 millions de dollars au gouvernement de Kim Jong-un, rappelle le Financial Times, citant les chiffres du ministère américain de la Justice.Mais alors qu'il est déjà difficile de répérer ces salariés fraudeurs, certains s'en remettent de plus en plus à l'intelligence artificielle pour parvenir à leurs fins et pas seulement aux États-Unis. Ce phénomène touche aussi certaines des plus grosses entreprises européennes, notamment au Royaume-Uni, où ces escrocs ont installé de véritables "fermes d'ordinateurs".Des candidats plus crédibles grâce à l'IALes Nord-Coréens qui se livrent à ce type d'arnaque n'utilisent pas l'IA dès le départ. Ils commencent par voler l'identité d'une personne, parfois en détournant des comptes Linkedin inactifs ou tout simplement, en payant leurs détenteurs pour y accéder. Ils falsifient ensuite leur CV et d'autres documents d'identité. C'est à partir de là que l'IA entre en jeu, avec les faux salariés qui s'en servent pour créer des masques numériques ou des avatars, ainsi que des filtres vidéo de type deepfake pour leur entretien d'embauche à distance.L'IA a également l'avantage de rendre ces candidats plus crédibles. "Grâce à l'utilisation de grands modèles de langage, les opérateurs peuvent générer des noms adaptés à la culture locale et des formats d'adresse email correspondants, garantissant ainsi que leurs communications ne déclenchent pas les 'signaux d'alerte' linguistiques ou culturels qui permettaient auparavant de repérer ce type d'escroqueries", a expliqué Alex Laurie, responsable de la technologie au sein de l'entreprise de cybersécurité Ping Identity.Conscientes que des candidats ont recours à l'IA pour leurs entretiens, les sociétés ont depuis renforcé leurs procédures de recrutement, mais les Nord-Coréens ont su s'adapter. Au lieu d'utiliser cette technologie, ils font appel à des "facilitateurs", soit de véritables personnes qu'ils payent pour passer les entretiens.Des fraudeurs difficiles à démasquerUne fois cette étape passée et qu'ils ont obtenu le poste convoité, les employés fraudeurs interceptent les ordinateurs envoyés aux nouveaux collaborateurs par les sociétés et s'y connectent à distance. Des commandes de chatbots et de modèles de langage leur permettent alors d'effectuer des tâches et même parfois de cumuler plusieurs emplois."Lorsque nous avons dû informer un client qu'un de leurs employés était en réalité un agent nord-coréen infiltré, sa réaction a été ' Êtes-vous sûrs à 100%, car c'est l'un de nos meilleurs employés?'", a relaté Jamie Collier, conseiller principal en renseignement chez Google Threat Intelligence, en Europe.Aussi concerné par ce problème, Amazon a peut-être trouvé la solution. Son responsable de la sécurité, Stephen Schmidt, a révélé en janvier que le géant américain avait empêché le recrutement de plus de 1.800 Nord-Coréens depuis avril 2024. L'entreprise a aussi détecté 27% de candidatures supplémentaires liées au régime de Kim Jong-un d'un trimestre à l'autre."Nos systèmes de détection combinent le filtrage par IA et la vérification humaine. Notre modèle d'IA analyse les liens avec près de 200 institutions à haut risque, les anomalies dans les demandes et les incohérences géographiques. Nous vérifions les identités par le biais de contrôles d'antécédents, de vérifications de diplômes et d'entretiens structurés", avait-ill détaillé.Sur le même sujetUn Américain risque jusqu'à 20 ans de prison pour avoir prêté son identité à des personnes basées en ChineÉtats-Unis: cinq hommes reconnaissent avoir aidé des informaticiens nord-coréens à infiltrer des entreprises américaines pour financer l'effort militaire de Kim Jong-un"Ce phénomène n'est pas propre à Amazon. Il se produit probablement à grande échelle dans l'ensemble du secteur", avait également averti Stephen Schmidt.Les plus lusDes maires RN réélus dès le premier tour, LFI en bonne posture, contre-performance pour Rachida Dati... 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