● Le Journal du Geek
📅 16/03/2026 à 12:03
Le Futuroscope utilise l'IA générative pour sa nouvelle attraction
Géopolitique
👤 Julie Hay
© Futuroscope La saison est lancée au Futuroscope. En février, le parc de Poitiers présentait deux nouvelles attractions et expériences placées sous le signe de l’immersion. Avec La Serre des Mondes, la destination offre une plongée dans un univers botanique enchanteur. T.Rex de son côté, propose de se rendre 66 millions d’années avant notre ère. L’Omnimax fait ses adieux au Monde de l’Invisible pour immortaliser l’une des créatures emblématiques du Jurassique : le Tyrannosaure Rex. Sur un écran de 900 m2, la projection laser 6K offre une immersion totale aux côtés de trois enfants prêts à réaliser leur plus grand rêve : mettre au jour le fossile d’un T.Rex avec une équipe de paléontologues. Le film est captivant, offrant un nouveau regard sur ces créatures qui obsèdent la pop culture depuis le film de Steven Spielberg. Elles sont présentées sous un nouveau jour, pas question ici de rejouer Jurassic Park et ses scènes de course-poursuite angoissantes. À travers des séquences en animation (CGI), T.Rex raconte la vie d’une femelle de sa naissance à sa mort. On est bien loin de l’imagerie imposée par le film des années 90. Ça n’empêche pas le Futuroscope de convoquer quelques éléments en référence au chef-d’œuvre de Spielberg, et en particulier durant son pré-show. Jur(AI)ssic Park Dans la salle qui jouxte l’Omnimax, les visiteurs sont invités à regarder une vidéo d’une dizaine de minutes. Elle a été produite en collaboration avec le créateur de contenu Dis Cyril et entend répondre à la question : “Et si l’IA nous aidait à recréer les dinosaures ?”. Pour une destination tournée vers l’avenir, comme le Futuroscope, l’idée est plutôt ingénieuse. Mais voilà, quelque chose cloche. Dès l’introduction, il est évident que l’intelligence artificielle ne sera pas sollicitée que pour construire un propos sur la génétique. Nombre de scènes présentées ont très visiblement été créées grâce à l’intelligence artificielle générative. Olivier Héral, directeur de la Création au Futuroscope, nous explique avoir découvert la vidéo originale sur YouTube. “J’ai trouvé que l’approche était intéressante. Elle abordait la question de l’IA et de la génétique. Pour en parler, elle utilisait l’IA dans des principes de réalisation assez aboutis”. Selon lui, il n’était pas question d’utiliser ces outils pour simplement les utiliser, mais pour faire écho au sujet de la vidéo. “Ce qui m’intéressait aussi, c’était sa conclusion. Il disait qu’en fin de compte, l’IA n’est qu’un moyen et qu’elle peut servir à faire des choses très créatives, sauver des vies. Elle peut aussi être dangereuse si elle tombe entre de mauvaises mains”. Il ajoute que ce sont des thématiques qui sont centrales pour la destination de Nouvelle-Aquitaine. Au terme de la dizaine de minutes que dure cet avant-propos, on en vient tout de même à se demander si le Futuroscope ne passe pas à côté de son sujet. Le court-métrage convoque l’idée d’un Jurassic Park 2.0, interroge la notion de progrès sans jamais évoquer ou questionner son propre usage de l’IA. La vidéo évite de mentionner les potentielles conséquences désastreuses que ces technologies pourraient avoir sur l’art et ses emplois. Quand on épluche les crédits, on remarque qu’aucun professionnel de l’animation n’a été mobilisé autre que le créateur lui-même. Olivier Heral assure que cinq personnes ont travaillé sur la refonte de la vidéo originale. S'abonner à Journal du Geek Il n’est pas non plus question du pillage artistique et de propriétés intellectuelles sur lesquels les outils d’IA générative se sont construits. Encore aujourd’hui, il est difficile de savoir comment ont été formés les logiciels. On se souvient de la plainte de plusieurs auteurs comme George R.R. Martin contre OpenAI, accusant l’entreprise d’avoir formé son modèle sur certains de leurs romans. Dans un tel contexte, on peut ainsi se demander comment Steven Spielberg réagirait à la découverte de ces séquences assez largement inspirées de son travail. En juin dernier, il confiait au sujet de l’IA : “Je suis très sensible aux conséquences que l’IA pourrait avoir sur le travail des humains. Je ne veux pas l’utiliser devant la caméra pour l’instant”. Des expériences artificielles ? Le Futuroscope prend un risque en s’engageant sur la voie de l’intelligence artificielle, en particulier pour ce qui est de la création artistique. Il n’y a pas si longtemps, ce sont Coca-Cola et McDonald qui devenaient la risée de tout l’internet mondial avec leurs publicités. Dans le même temps, le loup d’Intermarché s’illustrait comme une icône mondiale de l’artisanat et de “la création humaine”. À la découverte du pré-show du Futuroscope, difficile de ne pas craindre que les expérimentations du genre ne se multiplient pas à Poitiers comme ailleurs. Olivier Heral se veut rassurant. “Ce n’est pas du tout une nouvelle direction que l’on prend. On aime bien créer nos propres contenus avec des scénarios comme Chasseurs de tornades où l’on filme dans des décors réels”. Il s’interroge tout de même sur la manière dont l’IA pourrait s’inviter dans le quotidien des visiteurs, loin des studios de création. “Elle pourrait être un guide, un chatbot qui permettra d’obtenir des éléments de réponse en permanence. C’est aussi un sujet, comment l’IA peut-être mise au service de l’interaction”. Reste à voir maintenant comment le public accueillera cette expérience et si T.Rex et son preshow rencontreront un vif succès. Le Futuroscope assure qu’après un mois d’exploitation, les retours sont positifs. “Ça m’intéressait beaucoup de savoir comment le public percevait ces images. On ne dit pas à tout le monde que c’est de l’IA générative et, pourtant, beaucoup le voient. Il y a des personnes vivement opposées, elles sont minoritaires”. 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. 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