● Presse-Citron 📅 17/03/2026 à 08:31

30 milliards d'images réelles collectées : des révélations embarrassantes sur l'IA de Pokemon Go

👤 Camille Coirault
Illustration
© Michael Rivera / Unsplash 0 Rappelez-vous de l’été 2016 : Pokémon Go a débarqué sur nos téléphones et, en quelques jours, le jeu est devenu un réel phénomène de société. Partout dans le monde, des centaines de personnes se retrouvaient dans les parcs ou sur les places publiques, le nez vissé sur leur smartphone, pour partir à la chasse aux Rondoudou et aux Ectoplasma en réalité augmentée. Pour beaucoup, le sentiment apporté par le jeu était magique : c’était l’une des rares fois où la technologie, au lieu d’isoler les gens derrière leurs écrans, les poussait à sortir, à se rencontrer et à explorer leur propre ville comme s’il s’agissait d’un terrain d’aventure. Sauf que cette belle pagaille collective servait, en coulisses, un projet d’une toute autre nature. Niantic, le studio qui a développé Pokémon Go, a collecté d’immenses volumes de données de géolocalisation et d’images capturées par ses joueurs pour constituer, en un peu moins de 10 ans, l’une des bases de données cartographiques les plus denses jamais assemblées. On comprend un peu mieux pourquoi le jeu est resté majoritairement gratuit et sans publicités pendant tout ce temps : en chassant ces petites créatures virtuelles, vous avez patiemment numérisé le monde réel pour les futurs clients de l’entreprise. 🚨 LE PLUS GROS BRAQUAGE DE DONNÉES DE L’HISTOIRE S’APPELLE POKÉMON GO. Pendant 8 ans, 143 millions de personnes ont marché dans la rue pour attraper un Dracaufeu. La réalité ? Ils travaillaient gratuitement. Niantic vient d’avouer que les caméras des joueurs ont scanné les… pic.twitter.com/ZxHV2hH1VI — FutureRadar (@futureradar_FR) March 16, 2026 Trente milliards d’images pour dresser le monde réel L’entité en question s’appelle désormais Niantic Spatial. Née dans la foulée de la vente, l’an dernier, de la division jeux de Niantic à Scopely (propriété du fonds saoudien Savvy Games), c’est une branche du studio dédiée à l’intelligence artificielle et à la cartographie du monde réel. Elle vient tout juste de rendre publique cette information, qui n’avait jamais réellement été cachée, avouant enfin que le jeu n’était que l’appât ludique d’un projet de numérisation du domaine public. Même si l’idée est assez terrifiante, il y a une forme de génie plutôt malsain derrière cette opération. Pour progresser de manière optimale dans Pokémon Go, les joueurs photographiaient les mêmes lieux sous des dizaines d’angles différents à des heures variées. Des millions de joueurs, des années durant, ont ainsi constitué malgré eux un corpus visuel d’une richesse ahurissante : plus de trente milliards d’images, majoritairement de zones urbaines. Des clichés dont Niantic Spatial s’est servi pour bâtir un système de positionnement bien plus puissant que ce qu’autoriserait la technologie GPS. Ce n’est même pas une exagération sémantique, puisque le directeur technique de Niantic Spatial, Brian McClendon, vient de s’exprimer à ce propos. « Nous avons plus d’un million de lieux à travers le monde où nous pouvons vous localiser avec précision » a-t-il déclaré. « Nous savons où vous vous trouvez à quelques centimètres près et, plus important encore, nous savons ce que vous regardez », continue-t-il. Une fanfaronnade qui n’est, au fond, qu’un crachat au visage de tous les joueurs qui ont participé à ce projet, puisque les conditions générales d’utilisation (CGU) et la politique de confidentialité étaient rédigées de façon très large (voir ci-dessous). C’était pourtant écrit noir sur blanc, mais difficile de deviner ce que Niantic avait réellement en tête. © Niantic Le vrai produit n’a jamais été le jeu Difficile de regarder Pokémon Go comme un simple petit jeu mignon une fois que l’on voit comment Niantic Spatial a aspiré nos images. Une vraie mine d’or pour l’entreprise, puisqu’elle collabore notamment avec des entreprises de robotique comme Coco Robotics, dont les robots livreurs doivent se repérer, sans se perdre, dans des environnements urbains complexes. Avec le système de positionnement qu’elle a édifié, la firme a réussi à créer un référentiel spatial unique au monde pour de nombreuses entreprises qui nécessitent une localisation fiable dans le monde réel. Ce qui distingue ce système de tout ce qui existait avant, c’est sa nature : un GPS fonctionne grâce à des coordonnées mathématiques abstraites : une latitude, une longitude et une altitude. Pour les entreprises clientes, l’intérêt est de remplacer le calcul de probabilité du signal satellite par une identification visuelle instantanée des environnements réels. Le modèle d’intelligence artificielle de Niantic Spatial reconnaît, comme le ferait un cerveau humain, ce qu’il a déjà vu des milliers de fois. Et il l’a vu des milliers de fois parce une manne insensée de joueurs ont photographié ces mêmes endroits sous tous les angles imaginables, sans jamais vraiment savoir pourquoi le jeu les y encourageait si chaleureusement. C’est déjà franchement flippant, mais pour John Hanke, le PDG de Niantic Spatial, ce n’était encore qu’un petit amuse-bouche. Il l’assume pleinement : l’objectif est de construire une simulation virtuelle intégrale du monde réel, mise à jour en continu à mesure que le monde évolue. Voilà quel était le vrai Pokédex de l’entreprise : un cadastre jumeau de la planète, patiemment tissé par des millions de joueurs passionnés de Pokémon. En détournant leur attention vers la recherche frénétique de Pokémon rares, l’incubation d’œufs virtuels, les raids collectifs au pied des monuments ou les pèlerinages vers des Pokéstops sponsorisés, la firme a eu ce qu’elle voulait : la plus grande étude de terrain de l’histoire, financée par la dopamine de l’accomplissement virtuel. « Attrapez-les tous » qu’ils disaient ! Pour le moment, Nintendo n’a pas pris la parole publiquement sur ces révélations ; un silence qui laisse entière la question de son implication dans ce projet panoptique. Pokémon Go a permis à Niantic de collecter plus de 30 milliards d’images et de données de géolocalisation, formant une base cartographique inédite. Le jeu, perçu comme un divertissement, était en réalité un outil de numérisation du monde réel pour créer une technologie de positionnement avancée. Niantic Spatial vise à construire une simulation virtuelle complète du monde, exploitant les efforts des joueurs sans qu’ils en soient pleinement conscients. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Antivirus Bitdefender Plus Par : Bitdefender Voir notre test Acheter la licence à 19 € confidentialitéJeu vidéoPokémon Go [ Source ] Sur le même sujet Arc Raiders : le studio derrière le jeu du moment prend une décision radicale sur l’IA 200 000 neurones humains vivants cultivés en labo viennent d’apprendre à jouer à un jeu : après l’IA, voici les ordinateurs biologiques PS5 : Sony pourrait rembourser 12 millions de joueurs pour abus de position dominante On a joué à World of Warcraft Midnight : cette nouvelle extension montre pourquoi le jeu de Blizzard est increvable Les dernières actualités Bolt et Nvidia s’associent pour déployer des robotaxis en Europe Nvidia annonce le DLSS 5 : cette technologie rend le jeu vidéo photoréaliste avec l’IA, mais certains joueurs sont sceptiques Noté 9.2/10, le Honor Magic 7 Pro perd 60% et se vend par palettes entières ⚡️ 30 milliards d’images réelles collectées : des révélations embarrassantes sur l’IA de Pokemon Go Garmin écoule la Forerunner 165 : c’est la moins chère de toutes ses montres GPS 🤯 Ce robot aspirateur vendu à +10 000 unités passe à -63% (et il est au top du top) Écran OLED 120Hz, caméra 50MP, 8 Gen 3, 6000mAh, charge 90W… le Poco F7 Pro s’écoule par camion à -50% Google veut se débarrasser de millions de Pixel 10, et il y sacrifie toute sa marge
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