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Cyberattaques en France : des niveaux « très significatifs », mais pas de raz de marée

Énergie & Environnement 👤 Sébastien Gavois
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Qui est le maillon faible ? L’ANSSI dresse l’état des lieux de la cybermenace en 2025, une année marquée par une stabilité du volume d’incidents, mais une augmentation importante des fausses revendications sur les fuites de données. Vincent Strubel évoque aussi d’autres sujets comme les « hackers éthiques », l’utilisation de l’IA, les failles de sécurité, etc. Vincent Strubel, patron de l’ANSSI, débutait ce matin sa conférence de présentation du panorama de la cybermenace 2025 par un état des lieux. Alors qu’on aurait pu penser que l’année passée s’était révélée très compliquée et chargée, il relativise d’entrée de jeu : « Au global, on est sur une volumétrie qui ne change quasiment pas » par rapport à 2024, qui était toutefois déjà une année chargée avec les Jeux olympiques de Paris. Cyberattaques pendant les JO : « des gens nous en voulaient vraiment » En France, le niveau de risque des cybermenaces est « particulièrement élevé » « On n’est pas sur une explosion ou un raz de marée en 2025 » Le patron de l’ANSSI ne s’en cache pas : les « niveaux de menaces sont très significatifs » mais « on n’est pas sur une explosion ou un raz-de-marée en 2025 ». « Au cours de l’année 2025, l’ANSSI a traité, avec un degré d’engagement variable, 3 586 événements de sécurité, soit une diminution de 18 % par rapport à l’année 2024 », peut-on lire dans le rapport (pdf de 60 pages). Une autre métrique intéressante est le nombre d’incidents, c’est-à-dire « un événement de sécurité où l’ANSSI est en mesure de confirmer qu’un acteur malveillant a conduit des actions avec succès sur le SI de la victime ». Pas seulement une tentative, mais une pénétration des systèmes. En 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information dénombrait 1 361 incidents, « après une croissance les années précédentes (1 112 en 2023 et 831 en 2022) ». En 2024 toujours, les Jeux Olympiques avaient engendré à eux seuls 465 signalements et 83 incidents de cybersécurité (sur les 1 361 donc). En 2025, c’est un peu plus qu’en 2024, mais à peine, avec 1 366 incidents (+ 5 incidents). L’éducation et la recherche représentent 34 % des incidents, les ministères et les collectivités territoriales 24 %, la santé 10 % et enfin les télécommunications 9 %. 60 % des fuites de données ne sont pas avérées Vincent Strubel revient aussi sur les fuites de données, et veut remettre l’église au centre du village. Il affirme que 60 % des fuites ne sont pas avérées : c’est du « bluff complet ou du recyclage » de précédentes fuites. Fuites et violations de données : les chiffres anxiogènes, et les autres Quoi qu’il en soit, il reconnait évidemment que « 40 % de vol de données avéré, c’est 40 % de trop ». Le patron de l’ANSSI rappelle encore une fois le « besoin de regard critique par rapport aux revendications » des pirates. Cela fait « partie de leur stratégie et des dégâts que ça cause ». Nous en parlions récemment dans un édito consacré à la manière de traiter ces informations. Interrogé sur ce chiffre de 60 % et son évolution par rapport aux années précédentes, Vincent Strubel indique ne pas avoir fait de mesures du genre précédemment car ce n’était « pas un phénomène qui nous inquiétait les années précédentes ». Les fausses revendications semblent donc être une nouveauté importante de 2025, en tout cas elles ont « beaucoup accéléré en 2025 », même si l’ANSSI n’a pas de chiffre précis. Il revient au passage sur ceux qui se présentent comme des « hackeurs éthiques », rappelant qu’il y a une différence fondamentale « entre alerter sur la menace et donner des leçons, voire taper sur les victimes, ce que l’ANSSI ne fera jamais ». Vincent Strubel prend son rôle de cyberpompier au sérieux, et ne se voit pas (pour filer la métaphore avec les pompiers) se « prendre en selfie devant une maison en feu ». [Édito] Face à l’explosion des fuites de données, ne pas devenir l’agent des pirates ! Il revient aussi sur un point déjà évoqué à plusieurs reprises lors de ses différentes interventions, mais qu’il faut garder en tête : les attaquants n’« ont aucune raison d’être honnêtes », bien au contraire. « Dans les cyberattaques, le seul qui sait au début, c’est l’attaquant et il n’a pas de raison d’être honnête ». Le but est de mettre la pression sur les victimes, d’autant que les pirates n’ont généralement pas de « réelle crédibilité à conserver ». Il reste 63% de l'article à découvrir.Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.
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